‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 185 sur 234 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

JULIE

Taisez-vous 1

A Camille.

Mais dis donc quelque chose.

CAMILLE, souriant tristement.

Que veux-tu que je dise?

JULIE

On dit bonjour; on cause; On ne reste pas droite, immobile et sans voix.

Montrant Reynold.

11 en est consterné.

CAMILLE) s'avançant vers Reynold, et montrant les fleurs.

Mon cher Reynold, je vois Que vous nous attendiez.

REYNOLD

Elles viennent d*éclore Dans nos mines.

M. BERNARD

Vulcain est visité par Flore.

JULIE, à M. Bernard.

Pas mal... C'est du vieux temps.

REYNOLD, offrant des fleurs à Julie et à Camille.

Ce sont nos travailleurs Qui, de leurs rudes mains, vous présentent ces fleurs.

M. BERNARD

Voyons, que ferons-nous avant l'heure où Ton dîne?

REYNOLD

Vous plairait-il, monsieur, de visiter la mine?

M. BERNARD

Non! non! Il faut descendre au fond d'un vilain trou; C'est un plaisir, cousin , à se casser le cou. Moi, j'aime le grand air et la rase camjîagne.

38i LA BOURSE.

Voulez-vous un fusil, et qu'on vous accompagne?

M. BERNARD

Oui.

Kejnold sonne.

JULIE, à U. Bernard.

Menez-moi d* abord dans mes appartements , Monsieur Bernard; — laissons causer nos deux amants.

M. BERNARD, frappant sur l'épaule de Reynold.

Parbleu! Je suis content de te donner ma fille.

Cousin! C'est le travail qui garde la famille.

Fuis la Bourse, entends-tu! — Ma fille t'a choisi;.

Mais j'ai , par la sambleu ! mes volontés aussi.

J'aurais dit non, morbleu ! — car c'est moi qui gouverne ; —

Si ton pied eût jamais touché cette caverne.

REYXOLD.

Soyez sans crainte.

JULIE, i M. Bernard.

'Eh bien?

M. BERNARD, très-galamment, en lui donnant le bras.

Belle dame !

Il sort avec elle.

MADELEINE, à Reynold.

Chez nous.

On dit , monsieur Reynold , que Pierre est avec vous. (]'e.st vrai?

Très-vrai.

MADELEINE

Comment est-ce qu'il se comporte?

REYNOLD

A merveille.

Page 1