ACTE CINQUIÈ.ME
JULIE
Excepté moi.
M. BERNARD
Morbleu ! Suis-je un père pour rire ?
Croit-on que je n'ai pas, corbleu! ma volonté, Et qd'on changera tout sans m'avoir consulté ! On voulait d'abord Fun, et puis on le refuse, Puis on veut l'autre, et puis on invente une excuse; J'arrive chez mon gendre ; un autre époux survient Qui n'avait plus dû l'être, et qui le redevient; Si bien qu'entre les deux je ne puis plus comprendre Lequel enfin doit être ou n'être pas mon gendre.
— Mais je ferai bien voir que je suis maître.
CAMILLE
Eh! oui.
Mon père; commandez; vous serez obéi.
M. BERNARD, avec force, comme s'il aUait commander.
Eh bien!...
Changeant de ton.
Qu'en penses-tu?
LÉON
Vous n'avez pas encore, Camille, prononcé le pardon que j'implore; Parlez.
Qu*est-il besoin? mes regards, sans courroux, Ne vous ont-ils pas dit que vous étiez absous?
— J'avais juré... Tous deux nous serons donc parjures. Et nous pourrons nous rendre injures pour injures.
M. BERNARD, à Léon.
Je te la donne. Eh bien, j'en suis content, ma foi !
39i LA BOURSE.
Je conservais toujours quelque tendre pour toi.
— J'avais juré pourtant...
JULIE
Bon ! parjure troisième !
Et de trois; nous ferons une croix au dixième.
— Enfin, puisque chacun le veut, je le veux bien; Je lève mon veto, — qui n'empêcherait rien.
Camille va yen LéoD.
M. BERNARD, à Julie, en lui montrant Léon et Camille.
Leurs feux m'ont rappelé ma première conquête : OEil vif et pied mignon, marche leste et coquette. •.
JULIE
Eh bien , monsieur Bernard I
M. BERNARD
J'étais un vrai dragon.
Une échelle de corde, attachée au balcon...
JULIE
Paix ! don Juan ! Nous savons que vous fîtes merveille ; Mais vos témérités font peur à mon oreille.
M. BERNARD, avec dépit.
Je ne sortirai pas de ce balcon.
DELATOUR, amenant Pierre.
Voici Un autre pénitent qui demande merci.
Pierre joint les mains d'un air suppliant devant Madeleine. MADELEINE, faisant mine de le repousser.
Jamais !
CAMILLE, qui a sa main dans celle do Léon, — à Madeleine.
Fais comme moi, ma pauvre enfant : pardonne»