ACTE PREMIEIk
TÉLÉMAQUE) assis, à Bamée, qui vient vers lui.
Quel est cet étranger?
ETMËE.
Cest un vieux mendiant réduit à voyager.
11 dit qu'ayant erré sur de lointaines côtes, 11 a vu votre père au pays des Thesprôtes ; Mais en de tels propos je suis peu confiant.
— Je le mets dans vos mains; c'est votre suppliant.
ULYSSE, assis en face de Télémaque.
mon fils ! — Pardonnez : ma langue est familière ; Mais je me sens pour vous Taffection d*un père. Tel que vous me voyez, jadis j*ai combattu; J'étais jeune et vaillant alors, et bien vôtu. Ce fut au camp des Grecs, où je campais moi-mâme, Que je connus d'abord votre père que j'aime.
Nous avons fait ensemble échange de cadeaux , Et nous avons dormi dans les mêmes manteaux , Entre autres , une fois qu'étant son camarade , J'ai passé comme lui la nuit en embuscade.
— Ah ! mon fils ! vous avez et son port et sa voix ; Je reconnais en vous l'Ulysse d'autrefois.
Comme il serait heureux, rentré dans sa patrie. De serrer dans ses bras votre tête chérie !
TÉLÉMAQL'E.
Bon vieillard, si mon père un jour doit revenir, Qui le sait? hors les dieux, inst.-uits de l'avenir.
Il se lève.
A Eumée.
Garde cet étranger, et prends-en soin, Eumée.
— Moi, je vais rassurer ma mère bien- aimée.
EUMÉE
Quoi! mon fils, sous mon toit ne do/mirez- vous pas?
80 • ULYSSE
TÉLÉMAQUE
Non. Je veux voir ma mère , et j'y vais de ce pas.
EUMES
Au moins, attendez-nous, mon fils. — La nuit est sombre; Quelqu'un des prétendants peut s*embusquer dans l'ombre.
— Nous allons visiter le bétail dans l'enclos. Et puis nous vous suivrons, armés de javelots.
TÉLÉMAQUE
Eh bien , soit !
Bumée et les porchers sortent.