SCENE VIL
Les Mêmes, DUPARC, BÉJART,
MADEMOISELLE DE BRIE
MADEMOISELLE BÉJART, poi. PURGON.
M. DIMANCHE
Purgon! que vient faire ici ce maraud?
PURGOX, entrant sans chapeau et regardant la compagnie
d'un air effaré.
Monsieur Dimanche I mademoiselle Angélique ! (u veut
t'en aUer et aperçoit mademoiselle de Brie.) Ah ! madame la COmteSSC I
Il s'approche d'elle avec empressement,
MOLIERE, prenant mademoiselle de Brie par la main.
Monsieur Purgon, j'ai l'honneur de vous présenter mademoiselle de Brie, actrice dans la troupe du sieur Molière, que voici, — laquelle joue les rôles de comtesse dans la dernière perfection.
PDRGOX.
Ah!
MADEMOISELLE DE BRIE
Monsieur Purgon, je vous avais promis de vous faire assister à une comédie : je vous ai tenu parole.
PURGOX.
Ohl
MADEMOISELLE DE BRIE
Je VOUS ai donné tantôt de mauvais eonseils, et je dois réparer mes torts par de meilleurs enseignements. N'allez pas à Paris. Le genre de vie que je vous ai peint sous des couleurs séduisantes n'est qu'un jeu de mon imagination ; les fêtes, les carrosses, les petits soupers sont pour les grands seigneurs ; quant au commun des hommes, leur sort est encore plus maussade et plus rude à Paris qu'en province. Vous y tomberiez dans de grossières débauches ; vous y seriez la proie de quelque intrigant qui vous ruinerait après vous avoir perverti, et Dieu sait où cela vous mènerait! Croyez-moi; restez chez M. Purgon, voire père: soyez apothicaire comme lui; tous les métiers vsont honorables quand ils sont honnêtement exercés. Adieu, monsieur Purgon, profitez de ces bons avis, et — ce sera le dernier point de mon sermon — apprenez qu'il ne faut pas épouser les filles contre leur gré.
Purgon, stupéfait, se dirige machinalement vers la porte. DUPARC, prenant le chapeau de Purgon resté sur un meuble.
Eh! mon cher Purgon, vous oubliez votre chapeau.
Duparc ôte le mouchoir et tourne le chapeau de façon i montrer à ses camarades ce qui e«t dedans. — Rire général.