‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 170 sur 219 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

CHARLOTTE

J'ai toujours eu du cœur. Pour un acte pareil, De personne jamais je n'aurais pris conseil.

LE PRÉSIDENT

Hais qui vous excita contre Marat 7

CHARLOTTE

Ses crimes.

LE PRÉSIDENT

Quels sont-ils, selon vous ?

CHARLOTTE

Demandez aux victimes.

LE PRÉSIDENT

Appelez-vous ainsi des traîtres dévoilés?

CHARLOTTE

C'est un monstre; sur lui vous êtes aveuglés.

éle?ant la Toix.

J'ai fait périr l'auteur de la guen-e civile ; Je n'ai tué qu'un homme, et j'en sauve cent mille ; Cet homme, grâce au ciel, n'était pas né Français. Je n'ai haï que lui; l'on voit comme je hais.

LE PRÉSIDENT

Où logiez-vous, à Caen ?

CHARLOTTE

Je logeais chez ma tante.

LE PRÉSIDENT

C(Hnment y viviez-vous?

CHARLOTTE

J'aidais à la servante.

S60 CHARLOTTE CORDAT.

Solitaires au fond d'un vieux manoir normand. Nous n'étions que nous trois et vivions pauvrement.

LE PRÉSIDENT

N'y recevait-on pas quelqu'un du voisinage?

CHARLOTTE

Deux ou trois vieux amis, débris de l'ancien âge.

LE PRÉSIDENT

Votre tante jamais n'eut-elle aucun soupçon?

CHARLOTTE

Jamais.

LE PRÉSIDENT

Q'avez-vous dit, en quittant la maison?

CHARLOTTE

J'ai feint d'aller à Londre. — Ah 1 qu'elle est loin de croire Que je subis ici cet interrogatoire 1 Puisse-t-on, après moi, ne pas la tourmenter! C'est bien assez des pleurs que je vais lui coûter.

DANTON

Pauvre enfant 1

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