‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 24 sur 219 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BARRAS

Mais rien. Le montagnard S'agite; Témigré conspire d'autre part.

Baste ! convulsion de mourant. — Mes nouvelles, C'est que les vins sont bons, que les femmes sont belles, Et que Garât, ce soir, chante à Feydeau.

MADAME TALLIEX.

Mon Dieu !

Feydeau, toujours Feydeau ! c'est bien ; mais c'est trop peu; Rouvrez-nous l'Opéra, qui voit les araignées Pendre leurs fils poudreux aux gloires indignées; Rendez Flore à Zéphire et Vénus aux Amours; Du Théâtre-Français réveillez les beaux jours. Et brisez la prison où Scapin et Dorine Gémissent à côté d'Auguste et d'Agrippine.

LA MARQUISE, à Barras.

Moi, je demande plus. Les airs silencieux Ne regrettent-ils pas les cariions pieux?

Ne voulez-vous pas rendre au soir plus poétique Les tintements lointains de la cloche rustique. Et le Dieu des moissons n'écoutera-t-il plus L'humble prière, unie aux sons de Y Angélus ?

A Humbert.

Jusques à quand, au sein des temples qu'on profane, Verra-t-on sur l'autel s'asseoir la courtisane ? Fermerez-vous toujours au pauvre, au cœur navré, Le sanctuaire antique, aux entrepôts livré?

HUMBERT

Mais, madame...

LA BIARQUISE, se penchant Ters lai.

^ Chut ! chut ! gardez votre blasphème,

Je veux vous convertir en dépit de vous-même ; Venez demain chez moi pour la fin du sermon.

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