‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 26 sur 219 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Il faut baisser le cou d'un brusque mouvement^ Comme s'il allait choir. — Tenez : voici comment.

Il fait le geste du salut à la vtcfinww

Les femmes danseront, le cyprès sur la tête. C'est piquant, n'est-ce pas?

MADAME TALLIEN

Oui, très-gai. — Quand lafête?

LE MUSCADIN

Dans vingt jours, à M^beuf.

MADAME TALLIEN

Mais ne craignez-vous point Du parti terroriste un assaut sur ce point ?

LE MUSCADIN

N'ayez peur; à l'aspect de nos cannes plombées. Vous les verriez s'enfuir à grandes enjambées.

Humbert se lève; la marquise le force à se rasseoir. LA MARQUISE, bas, à Humbert.

Eh quoi ! prendriez-vous parti pour les bourreaux !

HUMBERT, se rasseyant et regardant de travers le muscadin.

Hum!

LE MUSCADIN, sans avoir vu le mouvement d'Humbert.

Nous les avons vus de près tous ces héros.

Tous ces buveurs de sang, ces meutes assassines Qui n'osent aboyer qu'autour des guillotines. Qui n'assaillent que ceux qui ne résistent plus. Et qui tournent le dos sitôt qu'on leur court sus. Dans le Palais-Royal, jiu club, aux Tuileries, Nous les avons rossés ainsi que leurs furies, Fouettant la jacobine, et, quant au jacobin,

Au milieu du jet d'eau lui faisant prendre un bain.

LES FExMMES.

Bravo !

HUMBERT, se leraat.

Morbleu !

LA MARQUISE, le retenant au moment où il se 1ère.

Restez !

HUMBERT

Puis-je souffrir...

LA MARQUISE

Silènes I

HUMBERT

Freluquet !

LA 3IÂRQUISE.

Point de bruit. Faites-vous violence :

Je le veux.

HUMBERT

Mais...

LA MARQUISE

Je vous en prie.

Humbert ne bouge plus.

LE MUSCADIN

Oh ! ce n'est rien ; Ils ont encor leur club, ce noir repaire; eh bien, Nous les assiégerons chez eux, à coups de pierre, Et nous enfumerons l'hyène en sa tanière.

MADAME TALLIEN

Oui, oui, preux chevalier, allez; coupez en deux, D'un coup de Durandal, ces Sarrasins hideux.

On entend des accords.

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