‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 28 sur 219 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LÀ MARQUISE, HUMBERT, lal donnsnt le bras.

LA MARQUISE

C'est le salaire D'un premier mouvement dompté pour me complaire.

HUMBERT

Pourquoi m'avoir contraint...?

Parce qu'il ne faut pas Qu'avec un muscadin vous ayez des débats; Parce qu'il a raison, et qu'il me serait triste De voir en vous l'appui du parti terroriste.

HUMBERT

Mais sous ce nom...

LA MARQUISE

Peut-être ai-je voulu savoir*.

Simplement, si j'avais sur vous quelque pouvoir.

HUMBERT

IlélasI l'essai, madame, était bien inutile, Car il n'est plus en moi de vous être indocile ; Je ne sais quels souhaits vous pourriez inventer Que je ne prisse pas plaisir à contenter.

Je ne puis plus longtemps me cacher à moi-même Que je subis en plein votre empire suprême; Et je crains bien déjà de ne jamais trouver La force dont j'aurais besoin pour le braver.

LA MARQUISE

Eh! pourquoi donc braver une autorité douce.

Qui vous plie au pardon et vers le bien vous pousse? Dans ces chocs où, tantôt vaincus, tantôt vainqueurs. Même les généreux s'emportent aux rigueurs.

Est-ce un mal qu'arrêtant leur fougue irréfléchie, L'amitié les ramène à l'équité franchie?

L'attachement naissant fait juger sa valeur Selon qu'on y devient ou moins bon ou meilleur, Et vous pouvez subir celui qui vous incline Vers la concorde humaine et vers la loi divine.

Le faisant asseoir sur le sofa, dans le boudoir, et lui tendant la main.

Nous sommes des amis, n'est-ce pas? tout de bon.

Des amis dévoués et dignes de ce nom?

Vous acceptez le joug où ma main vous attelle?

nUMBERT.

Oui, madame.

LA MARQUISE

Eh bien donc, faites preuves de zèle :

— Mon beau-frère...

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