‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 67 sur 219 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LA MARQUISE DE MAUPAS.

De grâce, jeune fille, un peu de lait dans une tasse !

h me meurs.

Bile tombe sur un banc.

MARGAIT, la soutenant.

Doux Jésus ! elle se meurt de faim !

Vite, Mikel, du lait, du fromage, du pain

Mikel entre dans la maison. — A la marquise.

Du courage! on vous sert.

Mikel reTient arec des provisions. Margalt présente une jatte de lait

à la marquise.

Tenez, ma chère dame :

Buvez, mangez ; cela va vous remettre l'âme.

LA MARQUISE, après avoir bu.

Ah!

% Rendant la jatte i Margalt.

Merci. Vous avez bon cœur, ma belle enfant.

Que Dieu vous récompense !

Bile essaye de se lever et retombe sur le banc.

Oh! l'air est étouffant.

— Mon Dieu ! que je suis lasse !

MARGAIT.

Oh ! oui, vous devez l'être.

Vous arrivez à pied de Quiberon, peut-être?

LA MARQUISE

En effet. — C'est bien loin. Je ne sais pas comment J'ai pu ne pas tomber vingt fois d\'»puisement. Hrlas! si ce n'était que la fatigue encore!

Mais où vont les captifs? L'angoisse me dévore. Quelle journée, après quelle nuit ! juste Dieu !

MARGAIT.

Espérez. Que sait-on? — Restaurez-vous un peu; Mangez.

La marquise fait un signe de tète négatif, et repousse les aliments.

Si fait. — Mikel, mettez la nappe blanche.

Avec la venaison et le vin du dimanche.

Elle prend la marquise par le bras, en voyant des soldats s'attabler devant l'auberge.

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