‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 75 sur 219 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Mon père est là; sauvez sa tête.

Acceptez l'acte humain qu'un bruit public vous prête. Votre bras en frappant s'est assez signalé; Accordez aux vaincus d'avoir capitulé.

HUMBERT

Moi, mentir !

LA MARQUISE, tombant i genoux.

Grâce, Humbert!

HUMBERT, la reloTant.

Que faites-vous, madame?

LA MARQUISE, résisUnt.

J'embrasse vos genoux!

HUMBERT, la releTant de force.

Vous me déchirez l'âme.

LA 3IARQniSE.

Dites que les captifs ont capitulé!

HUMBERT

Moi, Du code militaire avoir enfreint la loi!

Parlementer, au lieu d'achever la victoire Ravir au général la moitié de sa gloire !

Indigne lieutenant, misérable soldat.

Désobéir au chef sur le champ du combat !

Je serais bafoué par tous mes frères d'armes. Et c'est mon déshonneur que demandent vos larmes.

LA MARQUISE, avec emportement.

Je veux mon père, moi; je ne sais pas quels sont Tous ces faux points d'honneur que les soldats se font; Je sais qu'un mot suffît pour sauver cent victimes, Et que les plus humains sont les plus magnanimes.

▲Tec effiuioii.

(09 LE LION AMOUUEUX.

Par tous les souvenirs qu'a si bien rajeunis

Le premier entretien qui nous a réunis,

Par votre mère, Humbert, qui, de mes pleurs touchée,

Vous implore pour moi, sur votre front penchée.

Par Tamour qu'exhalait .votre parole en feu.

Par celui dont vousniiême avez reçu l'aveu.

Dites le mot sauveur, le mot auquel j'aspire !

IIUMBERT.

Vous me mépriseriez si je le pouvais dire.

LA MARQUISE

Oh! grand Dieu! nort.Ohînon. — Pour vous prouver que non. Je m'offre sur-le-champ à porter votre nom.

HUMBERT

Vous le pouvez encor?

LA MARQUISE

Je le peux. Sur mon âme.

Faites ce que je veux, et voici votre femme.

IIUMBERT, la main sur son cœur.

Ah! si vous pouviez voir ce qui se passe là!

La force de souffrir ne va pas au delà.

Votre main, cette main que vous m'aviez promise.

Qui me fut aussitôt accordée et reprise.

Ce don du ciel que j'eusse à tout prix acheté.

Pour qui j'eusse tout fait, hors une lâcheté.

Cette cruelle main, vous venez me la rendre

A des conditions où je ne puis la prendre.

— Vous savez si jamais je vous refusai rien;

Fut-il un dévouement plus entier que le mien?

De mes transports jaloux domptant la frénésie,

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