X. — Demande
Vous m'avez dit une lois, monseigneur, que M. de Cambrai a une maxime admirable , qui est de ne se point conduire par les livres, mais par pure obéissance. Vous ajoutâtes quelque iliose dont je ne me souviens point.
RÉi'. — .l'ai voulu dire que les livres ne faisant aucune application , et laissant la cliose indéterminée , l'obéissance, qui descend aux circonstances particulières , est préférable ; il ne me vient point d'exception à cette règle.
XL — Demande.
Entre plusieurs livres que je prétends donner à la fête de la mère supérieure , j'ai dessein d'y joindre une petite Instruction morale de feu M. de la Trappe. Je désirerois savoir si vous connoissezce livre , et si je puis le donner, l'auteur n'étant pas à la mode ici.
RÉp. — Je ne connois point ce livre ; mais s'il est véritablement de feu M. de la Trappe, il ne peut être que bon en soi, quoiqu'il puisse arriver qu'il ne soit pas convenable à telles et telles maisons d'une autre observance que la sienne.
Demande.
Faut-il se confesser d'avoir dit du prochain une chose , qui , étant un grand péché en soi , ne déshonore pas selon le monde, comme qu'un homme s'est battu en duel , qu'il a eu une galanterie ; qu'une femme , avant sa conversion , étoit galante ; eu un mot , les autres choses qui semblent réparées par le change:ne:it de vie ; de dire de personnes du monde qu'elles ont fait de certains uiensonues dnut elles ne se faisoicut
point une honte , ou d'avoir parlé de défauts très-visibles qu'on n'ap[)rend point à ceux à qui on parle?
RÉp. — Si les choses marquées dans l'article précédent se disent avec louange , d'une manière qui inspire de l'estime ou des sentimcns moudains pour de telles actions, il faudroits'en humilier beaucoup, et s'en confesser. On ne doit parler cpi'avec mépris de toutes les maximes du monde, si contraires à celles de Jésus- Christ ; autrement c'est introduire dans Jérusalem le langage de Babylone.
XIIL — Demande.
Ht d'avoir parlé de choses importantes, mais publiques , à des personnes qui les ignoroient ?
RÉP. — M. de la Trappe, que vous paroissez estimer, et qui le vaut, étoit bien contraire à ces nouvelles du monde*, et se faisoil un honneur de les ignorer. Lorsqu'elles deviennent si publiques et si communes , qu'elles forcent en quelque façon les solitudes , on en peut parler, mais sobrement , et comme d'alfaires étrangères aux chrétiens.