LETTRE XVIII
Sur la comluife qu'elle Joit tenir, dans les circonstances présentes, à l'égard de la supérieure et des religieuses de la Visitation.
A Germigny, 4 octobre 1701.
Votre lettre de ce malin m'apprend que tout étoit arrêté avec les Ursulincs, et même qu'elles vous olfroient un meuble en attendant. J'en reçois une autre ce soir , qui me fait craindre que la chose n'éclate plus tôt qu'il ne faut. Cependant nous ne pouvons rien exécuter , que la réponse de Fontainebleau ne soit venue. Vous savez que j'ai écrit dimanche , et j'ajoute que j'écrivis encore hier en envoyan-t votre lettre. Les réponses de ce pays-là ne viennent pas toujours si vite , et je suis d'avis que vous parliez vous-même à la mère. Il vaut mieux que la chose lui soit déclarée par vous-même , plutôt que de lui venir par la traverse. Poussons pourtant le secret autant qu'il se pourra. Je vous demande pour ces mères un adieu honnête , à quoi vous n'avez garde de manquer. Il ne faut ni plaintes , ni reproches , ni aucune sorte d'éclaircisseiT)ens. Je les ai préparées sans leur rien dire. Mettez sur moi ce que vous voudrez. Point de lamentations, je vous prie : quelque chose de court, c'est ce que je souhaite. Notre Seigneur soit avec vous , et conduise tout par sa grâce , selon sa volonté. Dieu est tout ; le reste n'est qu'un songe.