‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 129 sur 422 · LETTRE XX · texte numérisé non relu

LETTRE XX

LETTRE XXL

A MADAME DE LA MAISONFORT, Sur la conduite qu'elle devra tenir chez les rrsulinos. A Gerniigny, 20 octobre 1701 .

Ce sera lundi , madame , que je vous mènerai aux Ursulines , entre une et deux. Vous pouvez rendre à la mère le mol que je vous adresse pour elle . ou la veille , ou le matin même , ou quand vous voudrez. Je ne vois point de nécessité de raisonner avec elle sur les causes de votre retraite , non plus qu'avec le reste du couvent. La véritable raison . c'est qu'il faut faire un changement de conduite, qui ne se peut faire qu'en changeant de lieu. Songez donc seulement , pour plaire à Dieu , à vous mettre d'abord aux Ursulines sur le pied où vous devez y demeurer, et qui seul vous peut garantir de l'inconvénient des amitiés particulières actives ou passives , et des autres qui vous font paroîtrc aux supérieurs comme peu conforme au gouvernement de la maison. Ne vous communiquez guère ; ne vous mêlez d'aucune affaire. Mettez -vous d'abord sur le pied d'une personne qui ne veut entendre aucune plainte , mais seuleinent vaquer à soi et à sa perfection. Soyez sérieuse , quoique honnête , et plutôt froide que caressante , sans prendre néanmoins un air rebutant. Entrez dans le sentiment de ceux qui gouvernent, en sorte qu'on ne sente point que vous l'improuvicz. Par ce moyen , vous servirez Dieu, et pourrez rentrer dans l'intérieur, dont vous avez été un peu distraite. La raison de vous approcher de moi , poussée trop avant, et donnée ])our seul motif de votre retraite, auroit un ridicule qui ne convient point , ni à vous ni à moi. Je vous laisse dire ce que vous voudrez sur cela. Vous pouvez faire entrer cette raison comme en passant dans vos motifs; mais de s'arrêter à cela , et de l'écrire à toute une communauté, cela ne se peut. Il se pourra faire qu'on croira, et c'est ce qui doit arrivei- naturelltMiient , que vous ne conveniez pas tout-ii-fait aux mères, ni elles à vous. Qu'inq)orl(> (pi'on le croie ainsi , puisqu'il demeurera pour constant qu'il n'y a point de plaintes contre vous, et que je vous en rends témoignage? (l'en est assez. Notre Seigneur soit av(!c vf)ns. Ce sera ici un jour d'entier renouvellement poui- les conduites extérieures , et Dieu en sera gloritié <'t bi nature mortifiée.

11 lui envoie quelques secours de la part de madame de Maintenon.

A Versailles, 28 janvier 1702.

J'ai reçu avant-hier, madame, par ordre de M"* de Maintenon , cinq cent soixante livres , etc.. Usez de ménage ; ne songez point tant à donner qu'à payer ce que vous devez. Il me semble qu'on aime trop à donner dans les couvons : c'est un plaisir auquel on a renoncé quand on s'est fait pauvre comme Jésus-Christ. Il s'étoit pourtant réservé de donner aux pauvres sur la juste récompense de son travail ; mais de ces présens d'honneur nous ne lisons pas qu'il en ait fait. Je ne les défends pourtant pas ; mais c'est une des choses dont il faut se détacher , et demeurer dans un grand dépouillement , si l'on veut être riche en Dieu. Je ne vous dis rien sur la lettre et sur vos remarques. Allons au fond , et soyons véritablement contens de Dieu seul : c'est là toute la consolation du chrétien. Que restoit-il à celui dont on avoil joué le vêtement , et qui disoit : Mon Dieu , mon Dieu, pourquoi m' avez-vous délaissé ? Je suis un ver , et non pas un hottime ' , et le reste que vous savez.

Je n'ai point encore vu M'"*^ de Maintenon. Je lui ferai vos remercîmens , et entretiendrai , autant qu'il sera possible , ses bonnes dispositions, très-résolu de vous soutenir en toutes manières jusqu'à la fin de nos jours.

LETTRE XXTL

Il l'exhorle au parfait abandon , et lui parle des dispositions de quelques personnes à son égard.

A Versailles, 20 février 1702.

Je ne sais rien du tout , ma fille , de ce qu'on vous a dit sur Saint-Cyr. Ce sont des bruits qui ne sont pas venus jusques à moi, et où je ne vois aucune apparence. Quoi qu'il eu soit , abandoniioz-vous à la divine Providence , qui fera tout pour le mieux , et pour votre salut. Je suis ici en attendant le moment où je puisse voir M""' de Maintenon , et lui rendre

LETTRES DE BOSSUET A MADAME DE LA MAISONFORT

votre lettre avec uu peu de loisir. Nous nous sommes fort entretenus sur votre sujet M. de V, et moi, en présence de M. l'abbé de Caylus. Vous avez là de bons amis , et avec qui on peut parler à cœur ouvert. Notre Seigneur soit avec vous à jamais.

vous donne sa meilleure santé tout ce qui vous touche.

et je ressens

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