XXVI» JOUR
SLR LA CAPITULATION Ql'ON VOUDROIT FAIRE AVEC
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Jusques à quand cloclien'z-vous de deux côtés? Ul Rois. xviu. 21. — Nul ne peut servir deux maîtres. S.Maîth. VI. 24.
I. On sait bien (|u'il t'aul servir Dieu et l'aimer , si on veut être sauvé ; mais on voudroit bien ôter de son service et de son amour tout ce qu'il y a d'onéreux, et n'y laisser que ce qu'il y a d'agréable. On voudroit le servir , à condition de ne lui donner que des paroles et des cérémouies, et encore des cérémonies courtes, dont on est bientôt lassé el ennuyé. On \oudroil l'aimer , à ciuidilion {|u'(»n aimeroit avec lui, el |u'ut-èlre plus que lui, tout ce (|u'il n'aime point el qu'il condamne dans les vanilés mondaines. On voudroit l'aimer, àcondiliou de ne diminuer en rien cet aveugle
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amour de iioiis-nièincs. nui Najuscju'à l'idolâtrie , cl qui tail qu'au lieu de uous ia|>|H>rler à Dieu comme à celui pour (jui uous souunes faits, on veut au contraire rapport(>r IHeti à soi , et ne le rechercher (pie connue une rt>ssource qui nous console ipiand les créatures nous manqueront. On \oudroil le servir et l'aimer, à ct)ndition qu'il sera permis d'avoir honte de son amo\u' . de s'en cacher connue d'une t'oihlesse , de rougir de lui comme d'un ami indigne d'iMre aimé, de ne lui donner que (juelque extérieur de religion pour éviter le scandale . et de vivre à la merci du monde pour ne rien donner à Dieu (pi'avec la permission du monde même. Huel service et ipiol amour !
II. Dieu n'admet point d'autre pacte avec nous que celui qui a rapport à notre première alliance dans le lîaptème. où nous avons promis de renoncer à tout pour être à lui ; et au premier commandement de sa loi , on il exige sans réserve tout notre comu' , tout notre esprit et toutes nos forces. Peut-on en elfel aimer Dieu de bonne foi. et avoir tant d'égards pour le monde son ennemi , auquel il a doinié de si terribles malédictions '.' Peut-on aimer Dieu , et craindre de le trop connoitre . de peur d'avoir trop de choses à lui sacrilier? Peut-on aimer Dieu, et se contenter de ne l'outrager pas, sans se mettre en peine de lui plaire, de le gloriiier, et de lui témoigner courageusement , dans les occasions qui se présentent tous les jours, l'ardeur et la sincérité de notre amour? Dieu ne met ni bornes ni réserves en se donnant à nous, et nous voudrions en apporter mille avec lui ! Est-il sur la terre des créatures assez viles pour se contenter d'être aimées de nous comme nous n'avons pas honte de vouloir que Dieu .se contentât d'être aimé ?
XXVIP JOUR.
nous ne savons qu'en faire, et nous en sonnnes eud)arrassés. In jour viendra qu'un (piartd'heure nous paroîtra plus estimable et plus di'si rallie cpu' loul(\s les fortunes de l'univers, hiru . lii)éial cl magnilique dans tout le reste , nous ap[)r(n(l . par la sage économie de sa providence, combien lions devrions être circonspects sur le bitn usage d\i lenqis , puisqu'il ne uinis en donne jamais deux instans ensemble, cl (|u'il ne nous accoi-de le second (pi'en retirant le premier et (pi'eu retenant le troisième dans sa main avec une entière incertitude si nous l'aurons. I^e temps nous est donné pour ménager l'éternité ; et l'éternité ne sera pas trop longue j)our regretter la perte du temps, si nous en avons abusé.
11. Toute notre vie est à Dieu aussi bien que tout notre cœur. L'un et l'autre ne sont pas trop pour lui. Il ne nous les a donnés que pour l'aimer et pour le servir. Ne lui en dérobons rien. Nous ne pouvons pas à tout moment faire de grandes choses ; mais nous en pouvons toujours faire de convenables à notre état. Se taire, souffrir , prier , quand nous ne sommes pas obligés d'agir extéi'ienrement , c'est beaucoup offrir à Dieu. In contre-temps, une contradiction, un mni'mure, une importunité , une injustice reçue et soulferte dans la vue de Dieu , valent bien une demi-heure d'oraison ; et on ne perd pas le temps , quand , en le perdant , on pratique la douceur et la patience. Mais pour cela il faut que cette perte soit inévitable, et que nous ne nous la procurions pas par notre faute. Ainsi réglez vos jours , et rachetez le temps, comme dit saint Paul ', en fuyant le monde et en abandonnant au monde des biens qui ne valent pas le temps qu'ils nous ôtent. Quittez les amusemens , les correspondances inutiles, les épanchemens de cœur qui flattent l'amour-propre , les conversations qui dissipent l'esprit et qui ne conduisent à rien. Vous trouverez du temps pour Dieu , et il n'y a de bien employé que celui qui est employé pour lui.