COMBIEN PEC RENONCENT A L AMOLR DU MONDE, QCI EST SI DIGNE DE MEPRIS
N"aimeî point le monde, ni les ctioses qui sont dans le monde. / Ep. de S. Jean. ii. 15.
QiE ces paroles ont d'étendue ! Le monde est cette multitude aveugle et corrompue que Jésus-Christ maudit dans l'Evangile , et pour lequel il ne veut pas même prier en mourant. CdiacMu parle contre le monde , et chacun a pourtant le moinle dans son cceur. Le monde n'est que l'assemblage des gens qui s'aiment eux-mêmes , et qui aiment les créatures sans rapport à Dieu, Nous sommes donc le monde nous-mêmes , [)uisqu'il ne faut pour cela que s'aimer et qu»; chercher dans les créatures ce qui n'est qu'en Dieu. Avouons que nous appartenons au monde, et que nous n'avons point l'esprit de Jésus-Christ. Quelle pitié de renoncer en apparence au monde, et d'en conserver les sentimens! Jalousie pour l'autorité, amour pour la réputation qu'on ne mérite pas, dissipation dans les compagnies , recherche des commodités qui flattent la chair, lâcheté dans les exercices chrétiens, inapplication à étudier les vérités de l'Evangile : voilà le monde. 11 vil en nous, ef nous voulons vivre en lui, puisque nous désirons tant qu'on nous aime, cl que nous craignons qu'on nous oublie. Heureux le saint apôtre, pour qui le monde était crucifié, et qui l'était aussi pour le monde ^.