‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 116 sur 292 · LETTRE LXIV · texte numérisé non relu

LETTRE LXIV

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J'ai eu , ma très chère sœur, une sensible joie d'apprendre avec quelle sagesse et piété vous vous êtes conduite dans votre noviciat, et avec quelle affection et charité votre communauté vous a reçue, après un dernier examen , à faire profession dans leur monastère. Vous voilà donc heureusement arrivée au pied de la croix de Jésus-Christ , pour y consommer votre sacrifice. II vous est glorieux d'avoir été jugée digne de la société de ces saintes filles , que Dieu a choisies pour donner dans ces temps relâchés l'exemple d'une vie austère et pénitente, et pour faire voir quelle est la force de sa grâce dans la foiblesse même du sexe. Ce qui me fait croire que vous remplirez votre vocation ,. c'est l'estime qu'il me paroit que vous en faites;

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et ce qui me fait espérer qne vous serez heureuse , c'est que vous connoissez votre bonheur. C*est à vous à répondre par votre fidélité aux miséricordes que Dieu vous a faites. Vous êtes présentement fille élue de sainte Claire. Vous ne devez plus tenir au monde que parles seuls liens de la charité , je veux dire, par les prières que vous ferez pour la conversion de ceux qui y sont. Du reste vous ferez honneur à votre monastère par l'observance exacte de votre règle ; et , soutenue par les bons exemples de vos mères , vous serei un jour l'exemple de celles qui viendront après vous. Il faut que vous employiez le temps qui vous reste jusqu'à votre profession à préparer le bûcher sacré où vous devez être immolée. Je voudrois bien que mes affaires et celles de mon diocèse me permissent d'aller faire la cérémonie de votre consécration à Dieu ; j'y assisterai en esprit et par mes prières. Je vous demande les vôtres , surtout ce jour-là , et suis de tout mon cœur, ma très-chère sœur, votre, etc.

A SommièreSy ce 28 septembre 1702.

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