LETTRE LXXXII
AO HÂHS , 8Cft LB HKHB SOIBT.
Je vois toujours avec douleur, monsieur, le triste état de nos affaires. Nos maux sont sans consolation et presque sans espérance , si Dieu n'a pitié de nous. La malice croît chaque jour impunément , et il n'y a ni force ni vertu qui nous soutienne. Il ne faut pas pourtant perdre courage \ les secours du ciel ne tarderont pas à venir , et nous connoitrons que, s'il nous a châtiés, c'étoit pour nous corriger, non pas pour nous perdre. La destruction de la religion et de ceux qui la professent ne touche pas assez le monde. Les uns s'accoutument à tuer les catholiques , les autres s'accoutument à apprendre leur mort , sans songer qu'on ôte à Dieu et au roi ^es véritables serviteurs. On sentira long- temps cette perte. Je vous plaios d'être témoin de ces massacres , et ]e demande à Dieu qu'il répane bientôt ces ruines, et qu'il brise les
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têtes cruelles de ces rebelles. Mandez-moi toujours ce qui se passera près de vous-, et croyez t moi, monsieur, à vous entièrement , etc.
A ^ismes, ce 19 octo)>re 1703.