LETTRE CIV
J\i mis à part, monseigneur, tons les complimens qu^on m'a faits ou ëct ils sur la délivrance d'Israël et sur la soumission des Âmalëcites , et je me suis bieA gardé d'y répondre légèrement. J^aicru quejedevois me défier du bonheur qu'on nous promeltoit , et qu^on ne devoit pas compter sur des gens sans religion , sans raison , qui n'ont d'autre règle de leurs actions qu'une imagination déréglée et des fantaisies qu'ils prennent pour inspirations. Ainsi je crains bien que nous ne soyons pas sitôt tranquilles. Nous ne sommes pas assez bons pour mériter que Dieu nous fasse cette grâce , et ces scélérats sont trop méchans pour mériter celle que le roi leur a voulu faire. Il y a pourtant quelque adoucissement à nos maux. On ne tue pas depuis quelque temps. Cavalier partit hier avec sa petite troupe. Les autres chefs entretiennent encore quelque reste de négociation. £)n songe à la récoUe de part et d'autre ; cela Tait une espèce de suspension. Je vous ^uîs obligé, monseigneur, de nous avoir plaint dans le temps de nos plus grandes tribulations^ encore plus d'avoir eu la pensée charitable de venir nous coi^oler et 'nous secourir. J'attends avec ioipatiencele temps que vous avez projeté de venir ici. Vous sav^ que vous y avez une maison , et un con* frère qui est avec tout le respect possible , etc.
A TïisincSy ce ai juin %;o4.
l58 LETTRES
SOI LBt MÀLHBOM PUBLICS DB LÀ ABLIGIO* BT DB LESTAT, A M. DB VALIKCOVBT, DB L*AGÀDBKIB-PBAKÇOISB, • SBCftiTAIBB CBHBBAL SB LA «ABIMB» iTA» A LA BADB DB TOUtOB.
VcHJB avez bien jugé, monsieur, que dans le temps malheureux où nous sommes nous avons besoin de quelque consolation , et qu^il ne m'en pouvoit arriver de plus agréable que celle de recevoir des marines de votre souvenir , et de voir comme renaître une ancienne amitîë que la distance des lieux , le nombre des années et la diversité des emplois , ne peuvent éteindre, mais rendent un peu languissante. Nous sommes toujours ici dans une situation très-fâcheuse, et votre mer n'est pas plus orageuse que notre terre. Nous avions vu luire sur nous un rayon d'espérance et de paix , mais quel fond peut - on faire sur des scélérats qui sont accoutumés au cri^e, et qui n'ont d'autre règle de leurs actions qu'une imagination déréglée , et des fantaisies qu'ils prennent pour inspiration ? Tout ce qui diminue un peu nos malheurs, c'est Qu'un des chefs est sorti du pays avec une partie de sa troupe, et que les meurtres et les incendies ont cessé depuis quelque temps. Que je serois heureux si j'étois dans un état assez tranquille pour aller faire un peu ma cour à monsieur l'amiral, et vous assurer aussi que personne n'est plus parfaitement que je le suis , monsieur , votre , etc.
Je vous envoie par occasion deux lettres pastorales.
DB FLÉGHIER. l5g
. Toute leotare est bonne à gens de loisir dans un vaisseau ; c'est un renouveUement d'alliance académique.
• A NiuHes , ce s8 juio 1704.