LETTRE CLXXX
DB PIBTÎ A MADAMB dVkJIAOD.
Je ne puis que louer , madame, les bonnes di^)o« sitioos où vous êtes de vous détadier de tout ce qui peut vous retenir, encore au monde, et de penser sérieusement à votre salut. Les embarras que causent les affaires , les dégoûts qu'elles attirent , les passions qu'elles ^excitent ,. les o^asions qu'elles donnent d'offenser Dieu, ou du moins de l'oublier, sont des motifs de conversion et de retraite qu'il ne faut pas négliger lorsque le ciel nous les fait sentir. 11 est juste que vous terminiez votre procès , et que vous mettiez ordre à vos affaires domestiques j afin que , dans une parfaite tranquillité d'esprit et de cœur , vous puissiez , libre de toute affection mondaine , et tout occupée de l'éternité , vous consacrer au
DB FLÉGHIER. nSl
gneur, si vous ea avez rindination et le courage. Éprouvez -vous , madame , priez , demandez à Dieu ]a grâce de vouloir ce qu'il veut de vous , et celle de l'accomplir. Si vous avez quelque, vue de vous destiner au service des pauvres, accoutumez-vous à exer« cer la charité par les assistances que vous leur donnerez. Quand vous aurez bien affermi votre vocation , et que le temps sera venu de Texécuter, vous voudrez bien m'en donner avis , afin que je sache ce que je puis contribuer de ma part à cette bonne csuvre.
Ce n'est pas tant à vous qu'à la vérité que j'ai rendu le témoignage dont vous me remerciez. Madame la présidente de M.... me paroit bien intentionnée à vous rendre service \ pour moi , je suis véritablement , madame, votre, etc.
A Nismes , ce âa septembre 1707.