‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 19 sur 125 · POÉSIE. — II · texte numérisé non relu

POÉSIE. — II

Assise, — car la danse est un peu fatigante, — Elle ôte son collier de perles, se dégante, Et tressaille soudain de frissons ingénus En voyant au miroir son col et ses bras nus.

Puis le petit bouquet qui meurt à son corsage Dans son dernier parfum lui rappelle un passage De la valse où ce blond cavalier l'entraînait. Elle cherche un instant sur son mignon carnet Un nom que nul encor n'a le droit de connaître. Tandis qu'entre les deux rideaux de la fenêtre L'aube surprend déjà la lampe qui pâlit.

Mais la fatigue enfin l'appelle vers son lit; Et, dans l'alcôve obscure où la vierge se couche, Un doux ange gardien veille, un doigt sur la bouche. Mon rêve, éloigne-toi ! Le respect nous bannit. C'est violer un temple et c'est troubler un nid Que de parler encor de ces choses divines, Alors qu'il ne faut pas même que tu devines.

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