‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 41 sur 125 · THÉOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

THÉOPHILE GAUTIER

ELEGIAQCE

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Maître, Temieux n'a pu satisfaire Sur toi son cruel et lâche désir.

Ton nom restera pareil à la sphère.

Qui n'a pas de point par où la saisir.

Pourtant il fallait nier quelque chose A l'œuvre parfaite où tu mis ton sceau.

Splendeur et parfum, c'est trop pour la rose ; Ailes et chansons, c'est trop pour l'oiseau.

THÉOPHILE GAUTIER ËLÉGIAQUE. 83

Ils ont dit : Ces vers sont trop purs. Le mètre, La rime et le style y sont sans défauts.

C*en est fait de l'art qui consiste à mettre Une émolion sincère en vers faux.

Tu leur prodiguais tes odes nouvelles Embaumant Tavril et couleur du ciel.

Eux, ils répétaient : Ces fleurs sont trop belles, Tout cela doit être artificiel.

Et, poussant bien fort de longs cris d'alarmes, Ils t'ont refusé blessure et tourments.

Parce que ton sang, parce que tes larmes Étaient des rubis et des diamants.

L'artiste grandit, la critique tombe.

Mais nous, tes fervents, 6 maître vainqueur.

Nous voulons écrire aux murs de ta tombe Que ton clair génie eut aussi du cœur.

Nous savons le coin où se réfugie.

Sous les fleurs de pourpre et d'or enfoui, Le discret parfum de ton élégie.

Bleu myosotis frais épanoui .

A qui pourra tomber j à la lutte à main plate. Son frère, au caleçon d'argent et d'écarlate, Qui sur un bout de pain achève un cervelas,

Il promet cinq cents francs, chimérique utopie ! — les athlètes nus sous l'azur clair d'Hellas ! palme néméenne ! ô laurier d'Olympie !

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