‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 45 sur 125 · LA PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE

Ce D*cst pas qu'elle fût bien belle; Mais nous avions tous deux vingt ans.

Et ce jour-là — je me rappelle — Était un matin de printemps.

Ce n*est pas qu'elle eût Tair bien grave; Mais je jure ici que jamais Je n'ai rien osé de plus brave Que de lui dire que j'aimais.

Ce n'est pas qu'elle eût le cœur tendre;

Mais c'était si délicieux

De lui parler et de l'entendre

Que les pleurs me venaient aux yeux.

Ce n'est pas qu'elle eût l'âme dure ; Mais pourtant elle 'm'a quitté, Et, depuis, ma tristesse dure, Et c'est pour une éternité.

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