‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 99 sur 125 · PURGATOIRE · texte numérisé non relu

PURGATOIRE

J'ai fait ce rêve : — J'étais mort.

Une voix dit : c Ton âme impie, En un très misérable sort.

Va revivre, afin qu'elle expie.

Dans le bois, qu'octobre jaunit Et que le vent du nord flagelle, Deviens le passereau sans nid.

— Merci! Je vais voler vers elle.

— Non ! Sois plutôt Tarbre isolé, Et, dans l'ouragan qui s'irrite, Tords ton feuillage échevelé.

— Soit ! Il se peut que je l'abrite.

— Alors, cœur plein d'amour humain.

Sois le caillou que broie et roule

Le chariot sur un grand chemin.

— Qu'importe? si son pied me foule.

— Insensé, > dit enfin la voix, Qui gronda pour cet anathème,

« Sois donc homme encore une fois, Et revis, mais sans qu'elle t'aime ! »

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