‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 25 sur 79 · I.-WMVER-îMRK · texte numérisé non relu

I.-WMVER-îMRK

Et jamais le grand coup lio ses ailos suMhnos Ne Ta mieux emporté par delà les ahimos ; Plus il vieillit, plus il va IiaiiL

Le soleil est très vieux. Pourtant, sa face at^lonlo N'a jamais mieux versé la chaleur ri^rondaiilo

Aux fleurs, aux fruits, îk la moisson ; Jamais plus doucement, dans l'exil où noun Hi)nime>«. Ce sourire de Dieu n'a brillé sur les lianin)i>H ;

Plus il vieillit, plus il est bon.

Il est très vieux aussi, le bien-airrié VukU'.

De qui nous célébrons par de loii((r( crJH de ('At(-

Les quatre-vingts ans aujourd'hui.

C'est lui qui, dans un mol d'élo'|iieri':e nuprAriii'. Nous disait : i Je naquis avec ce nU-(:\i; mhw,

El je continue avec lui. »

Hais, quand elle permet qu'un tel fthl-A*; ruih->-, La nature lui donne un tré-or «lit yutiir->i-. L'aî'ral au jeune hotriuiH f",t yntri-M , Et l'Eâpril drrrarjl qui Vtw* k» nn'fA (,iî,'j'^ri\ >-i;-rTL-î, ae ^W.'.'.'.l ps- p!'j» '{-*■ t.", i]'''.'.',.-'^r.'

\:\x POÉSIES DIVERSES.

< )h ! longtemps, très longtemps, à cet anniversaire, Devant toi, courbant tous, ô grand vieillard sincère,

Nos fronts, d'émotion tremblants, Laisse*nous voir encor, plus nobles chaque année, Parmi les lauriers verts dont ta tête est ornée,

Briller tes jeunes cheveux blancs !

110 POÉSIES DIVEUSES.

Non ! sous le sombre drap, l'âme d'angoisse atteinte. Toujours on croyait voir, comme un espoir secret. Une flamme d'amour qui n'était pas éteinte, Un foyer d'idéal qui se rallumerait.

Tu ne te trompais pas, ô Peuple ! Le Génie Faisait dans ce cercueir resplendir sa clarté ! Le Maître n'est pas mort, l'œuvre n'est pas finie. Miracle ! il ressuscite ! il est ressuscité !

Il veillait seulement sous la voûte glacée.

Ainsi que Barberousse au fond du souterrain ; Pour nous livrer encor sa sublime pensée, Son caveau va s'ouvrir avec un bruit d'airain.

Le Poète endormi sous les apothéoses Longtemps nous donnera des poèmes nouveaux.

De son tombeau sacré sort un parfum de roses ; De son cercueil béni s'envolent des oiseaux.

Peuple qu'il aima tant, viens ! puisqu'il te convie, Admirer le grand mort à son premier réveil.

Et voir, de son sépulcre, encor si plein de vie, L'Œuvre surgir ainsi qu'un lever de soleil !

1i-2 POÉSIES DIVERSES.

Vers quel mystérieux voyage Yâ le blond fantôme flottant ?

Est-ce une femme, est-ce un nuage, Qui glisse et vole sur l'étang?

Mais déjà tout s'emplit d*aurore, Et, dans le ciel rose et vermeil, L'apparition s'évapore, Au premier rayon du soleil,

Et ne laisse pas plus de trace Que le rapide éclair d'azur De ce martin-pêcheur qui passe N'en a laissé sur le flot pur.

L'ÉDLCATIO.N SUTEK.NELLK

LIAPHÉ: LE i^K'-l f £ L>

Debout, près <le &a mère assise Qui lui présente l'A B 0, La petite reste indécise, Bouche ouverte et regard baissé.

Adorable sans être belle,

La fillette aux mignons pieds nus,

Avec attention épelle

Les caractères mal connus.

iU POÉSIES DIVERSES.

La mère, dont le geste auguste Enseigne et protège à la fois.

Enveloppe d'un bras robuste L'enfant qui lit à demi-voix.

Et, montrant d'un bout de baguette Le livre encor bien mal appris, Sur le naïf visage guette L'éclair qui suit un mot compris.

Sculpteur, ton œuvre est bonne ! En elle, Tu sus fixer l'instant soudain De cette attente maternelle Et de cet effort enfantin.

A la Vierge près de Sainte Anne J'avais d'abord rêvé, devant Cette humble et douce paysanne Qui montre à lire à son enfant ;

Puis j'ai mieux vu ton espérance, Et j'ai compris que tu courbais Le peuple à venir de la France Sur les lumineux alphabets.

Car c'est un matin de novembre, Et sous le velours onduleux De la longue robe de chambre, Son frêle corps est tout frileux.

On dirait presque qu'elle tremble ; Ce cher visage est amaigri.

Et cette bouche exquise semble Avoir plus toussé que souri.

Serait-il si cruel, le rêve De l'enfant pensive aux yeux las ?

Songe-t-elle qu'elle est bien brève La claire saison des lilas?

Pauvre mignonne ! Songe-l-elle Que l'automne vient de finir. Qu'il fait froid et que Thirondelle Sera bien lente à revenir?

il8 POÉSIES DIVERSES.

Deux officiers qui, pour les suivre, Maintiennent leurs chevaux au pas^ Au delà des saxhorns de cuivre Dominent les fronts, et là-bas^

A travers la brume incertaine, Tels des pavots dans les épis, S'avance la foule lointaine Des chassepots et des képis.

Pour les soldats, le populaire S'est en grand'hâte rassemblé ; Un flot de gamins accélère Sa marche, à leur pas redoublé.

La troupe passe, calme et gaie.

Comme elle irait sous les obus.

Devant les gens qui font la haie Et l'encombrement d'omnibus.

Chacun l'accompagne ou s'arrête.

Et l'on voit emboîter le pas L'ouvrier tirant sa charrette Ou portant son fils sur ses bras.

AUX FEMMES DE LYOx\

Ces vers ont été récités à Lyon, quand une crise de l'industrie

de la soie réduisait la population ouvrière

à une grande misère.

femmes qui vivez dans le luxe et la joie, Et qui, lasses un jour de vos robes de soie,

Les quittâtes avec dédain, femmes qui suivez la mode séductrice, Il faut que vous sachiez que, pour ce seul caprice,

Des milliers d'hommes sont sans pain !

Avez-vous jamais su, belles patriciennes.

Alors que vous alliez aux (êtes anciennes Danser, rire et parler d'amour.

Femmes du monde, il faut vous dire cette chose ; Car, sans vous en douter, oui ! vous êtes la cause

Qui produit ce terrible effet.

Vous devez regarder ce spectacle sévère Et mesurer le bien que vous avez à l'aire

A ce mal que vous avez fait !

Sans être pour cela de profonds philosophes.

Nous pouvons bien prévoir qu'aux anciennes étoiles

Vous reviendrez un beau malin; Vous ferez des heureux en faisant des folies. Et trouverez encor moyen d'être jolies

Sous la moire et sous le satin.

Mais, avant tout, songeons à la ville affamée.

Ils sont sans pain ! Ils sont trente mille, — une armée !

Et le désaccord est bien vieux Entre maigres et gras, entre joyeux et tristes. Il faut donner ! Ce sont les riches égoïstes

Qui font les pauvres envieux.

Femmes, il faut donner!... Au père de famille, A la mère sans lait pour l'enfant, à la fille Dont la beauté peut s'indigner

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