‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 33 sur 79 · AL\ BOURGEOIS D'AMSTERDAM · texte numérisé non relu

AL\ BOURGEOIS D'AMSTERDAM

Non ! Dans leur sympathie ils m'ont dû garder place, Car ils ne savent pas la donner à moitié.

On conserve longtemps un beau fruit dans la glace; Les gens des climats froids sont de chaude amitié.

Et puisque vous avez cette aimable pensée De vouloir que mes vers vous présentent là-bas, Dites bien tout d'abord à la foule empressée Que mon cœur se souvient des nobles Pays-Bas;

Du pays généreux qui ne sait pas proscrire, Qui s'ouvre à tout martyr, à tout persécuté, Où chaque citoyen, dès l'enfance, respire, Avec le vent marin, l'air de la liberté,

El qui, si l'ennemi, par conquête ou par ruses. Revenait, comme au temps de Tromp et de Ruyter, Une deuxième fois ouvrirait ses écluses Et rendrait à la mer !c sol pris à la mer;

De l'honnête pays, où, dans chaque famille, Dans chaque intérieur, toujours propre et défi* On voit autour de soi tant de bonté qui brille Que la chaleur du cœur vaut le soleil absent;

Du verdoyant pays, où, sous ses voiles blanches. Le navire, au milieu des champs, parait glisser, A tel point que, prenant ses vergues pour des branches^ Les oiseaux quelquefois viennent pour s'y poser.

Où les moulins à vent, comme des camarades, Semblent se faire entre eux un alerte signal. Où Ton peut rencontrer, pendant ses promenades, A chaque coin de route un tableau de Ruysdael;

Enfin, de ce pays que l'Art et la Pensée Plus que tous ses trésors rendent illustre et grand. Et qui vous voit passer dans sa gloire passée. Esprit de Spinoza, palette de Rembrandt !

— Dites-leur bien cela de la part du poète Que chez eux, avec tant de grâce, ils ont admis; Puis, quand ma gratitude aura payé sa dette.

Regardez devant vous... C'est un public d'amis!

Vous les reconnaissez à leurs figures franches ; Vous les vîtes cent fois gravés ou copiés.

Ils n'ont plus, il est vrai, les collerettes blanches (Jui parent, chez Van Ryn, les syndics des Drapiers,

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