FLUX ET REFLUX
La nuit tombe et la mer descend.
Ma chère âme, allons sur la grève, Auprès du ilot retentissant !
Le doute m'assaille sans trêve.
M'aimes-tu vraiment? J'ai rêvé Que ta tendresse serait brève.
fl î ..r:.
Le jour grandit et la mer monte.
Allons courir sur les galets !
Comme le ciel est pur! Sois prompte.
4r»<» ARRiÈRE-SAISON.
Plus d'un bateau plein de filets S'en va, le long du quai qu'il Irôle, Vers les horizons violets.
Serre-toi contre mon épaule, Et, le cœur joyeux, allons voir La vague écumer sur le môle !
Que j'étais injuste, hier soir; Je doutais de toi, ma chère àme !
Ce bleu matin me rend l'espoir.
Ton passé cruel, pauvre femme, Nos larmes d'amour l'ont lavé, Comme est ce rocher par la lame.
Vois ! Le bon soleil s'est levé.
Aimons-nous sans crainte et sans honte, Notre bonheur est retrouvé !
Le jour grandit et la mer monte.
Toast ciiami'Kïri'.
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TOAST CHAMFÈTRE
Mai, qu*avail jusqu'alors drsolo lo voni ^ij^iv,
Mai, frileux sous les fleui^, on \^;^h\\ tlo viunign\
S'était enfui. Joyeux, dans le oiol oiu hnnl(\
Le chaud soleil de Juin prooinnmil : « (l'ohl V\^\\^^ •
Celle qui connaît bien mon senlinuMU pour olln
Choisit sa robe claire ol su plus fnilrhi* uimImi'IIis
Et, pour le beau pays de fortHn (*l d'Mliiii^K
Qui cache nos amours dopuih quf'lqiK*» pMiili'iiip»,
De grand matin, heunMix d/* vivn*, iioiu p^iiliiM^^
Les poiriers du chemin Mint $utn iimu iiiiiiiit*^
i:d ARUIÈRE-SAISON.
Ouand, dans la carriole au vieux cheval boiteux,
Nous passons, les rameaux murmurent : c Ce sont eux! >
Et, grise de plein air et de grand paysage,
Ma mignonne leur prend des feuilles au passage.
Rien n'a changé. Voici l'auberge! Sur le seuil.
Le vieux chien du logis vient pour nous faire accueil;
Notre chambre est la même. En ouvrant la fenêtre,
La même saine odeur de forêt nous pénètre.
Voici le pied tronqué de l'orme qu'on scia;
En face, dans le parc, le même acacia
Répand, comme jadis, son odeur printanière.
J'entends le loriot comme la fois dernière,
Et songe : « Le bonheur qui se peut retenir
Est tout dans l'habitude et dans le souvenir. :»
(icpendant, ma petite amie, — oh! comment dire I^c charme tendre et fin de son joli sourire? — Bien contente, elle aussi, dans ce coin retrouvé, A ri, comme autrefois, du portrait mal gravé Du pauvre Monsieur Thiers en toupet ridicule; Elle a mis son chapeau fleuri sur la pendule, Oté ses gants de Suède, et puis, ayant pensé, Tout à coup, qu'on ne s'est pas encore embrassé, Elle s'approche, avec son air sainte-n'y-touche. Et pose lentement sa bouche sur ma bouche.
TOAST CfliII'£ll;L. STJî
Quelle minute!...
Uu cri nous appelle soudain :
Le déjeuner! On est seiri dans le jardin.
Sous la tonnelle basse, auprès du jeu de bouler. On court se mettre à table en effarant les poules. Victoire encor! Rien n'a changé! Tout est paœil! Voici le gai vin blanc qu'il faut boire au soleil Et dont la courte ivresse en rii*es se dissipe, Le lourd couvert d'étain et de terre de pipe, Dont un joyeux rayon fait vibrer les couleurs, Et des cerneaux tout frais dans une assiette à fleurs. *
... Puisqu'aprës ce repas nous faisons une pause
Et que mon verre est plein, effeuilles-y la rose,
Ma chère, que tu fais tourner entre tes doigts ;
Car je veux boire au nid de nos amours ! Je bois
Au clocher du village, orné d'un coq de fonte,
Qui, depuis cinq printemps, — à mon âge, on les cofiipt<%
Le long des jeunes blés, pleins d'oiseaux et de chants.
Nous a vus tant de fois faire un bouquet de»» champ-> !
Je bois aux toits moussus, où, comme noun ihlkW*^,
Reviennent, chaque été, les bonnes hirondelh^^ !
Je hoh aux verts fourrés de ronce et de g''n*'l.
Où récho semble aimer ta voit qu'il rt^couuHi^ *
iïi ARRIÈRE. SAISON.
Je bois aux vieux témoins de nos gaités champèlres.
Aux fleurs dans les grands prés, aux fraises sous les hètn*:^,
A la forôl où chante au lointain le coucou,
Aux sentiers dans lesquels, le baisant sur le cou,
Je t'ètreins brusquement pour te dire : c Je t'aime! >
Knfin, je bois au cher pays, toujours le même.
Où, depuis ce matin^ nous sommes de retour.
Chère, et qui n'a pas plus change que notre amour!
12513 AURLËRE-SA[SON.
Mets un de tes chers bras au cou de Ion ami ;
Traversons, enlacés, le village endormi ;
Et, comme nous voulons, dans la campagne verte,
Dès Taurore, demain, reprendre notre vol.
Nous laisserons, ce soir, la fenêtre entr'ouverte, Pour être réveillés au chant du rossignol !
RÊVE Fl.KnU
Ma chère, lu cueillaiij, on riittil iiiik i^i'liiii, Des gerbes de bicuels ol do U(H|u«lli',iila journée en plein aîr, adonilil» «L Uit\t Utl'V* < Et, dans le large lit d'àtthurnn ii(t J'ji) ihiimi, En sentant, pr^H du mien, Itaitn; Uni l'-'i'm nm), Pendant toute la nuîi, j'aî vrj i\y!. t\>Mn * it ft ,i.