‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 110 sur 202 · UNE FÉE · texte numérisé non relu

UNE FÉE

Ils ne se plaignent pas d'en manquer, ô reine! ^^rsonne, jusqu'à présent, n'a redemandé le sien! Au contraire, il y a des parents qui enseignent à leurs petits. . .

LA REINE

Qu'importe! Ignorez-vous donc que les gnomes ne peuvent vivre sans les cœurs des hommes, car c'est

pour s'en nourrir qu'ils les dérobent en leur mettant à la place, là (eiie désigne sa poitrine) je ne sais quel rouage de leur invention, lequel imite parfaitement bien les mouvements de la nature.

UNE FÉE, riant.

En vérité, on s'y trompe !

LA HEINE

Et les pauvres humains se laissent faire sans répugnance. Quelques-uns même y trouvent du plaisir. Petit à petit, et par l'effet d'un accord mutuel, pendant que le cœur sort du dedans, les génies du mal le tirent du dehors ; et c'est ainsi que leur race en tière, ou presque entière, est vide de bons sentiments et de pensées généreuses.

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