‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 136 sur 202 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

MADAME KLOEKHER. PAUL, LBTOURNEUX,

puis tout les personnages précédents.

Âh I enfin I je vous trouve ! Écoutez -moi I (paui, absorbé,

reste immobile.) Paul I £h bien? (il lai Upo sur l'épanle.) MOD

ami I mon cher ami I

PAUL| tournant la tôte lentement.

Que voulez-vous?

LETOURNEUX, élcTant la voix.

Je veux vous apprendre, à vous et à tout le monde ici, dans votre intérêt personnel comme dans celui de la moralité publique, et afin qu'il en résulte à la fois une réparation et un châtiment; je veux, dis-je, vous dénoncer une infâme machination dont vous êtes la victime. J'en possède les témoignages authentiques, écrits I Vous avez été indignement spolié par l'homme que voici : le banquier Kloekher I

Mannuree. Marques de «urprise et d'indignation. PAUL, arrachant «on gant blanc.

Vous mentez impudemment, monsieur I

LETOURNEUX

Moi?

PAUL

Oui, vous, misérable! et comme gage de ce que j'affirme, je vous soufflette à la face ! (n im jette son gant

à la face.)

LETOURNEUX

Âh!

Je suis à VOS ordres, monsieur I

LES INVITÉS

Séparez-les I lis vont se battre !

LETOURNEUX, dignement.

Un duel, non I Un homme de mon caractère n'obéit

tîO LE CHATEAU DES CŒURS.

pas à de pareils préjugés. La vraie force consiste plutôt à supporter les injures et à s'en venger par les voies légales. J*ai le courage civil, moi! di ton fièrement.)

PAUL» i domi-Toix,

Infâme coquin !

KLOEKHER, essayant de prendra la main de Paul.

Ah ! c'est très bien ce que vous avez fait ! Voilà qui est d'un bon ami!... Ma reconnaissance...!

PAUL) fièrement.

Ne me parlez plus, monsieur ! (n sort.)

KLOEKHER.

Qu'est-ce qu'il a donc?

LES INVITÉS

Quel original ! — Avez-vous vu ? — Un scandale pareil pour finir une si belle fête!... — Ah! mon Dieu! à quoi se trouve-t-on exposé I...

Quand les invités sont partis, les lostres, les girandoles et les candélabres se mettent à brûler plus fort» donnant, une lumière ?ose, verte et bleup ; les bouquets tombés par terre se relèvent d'eux-mêmes et Tont se placer dans les jardinières. Les fleurs faoées s'entr'ouvrent, les meubles çà et là se replacent en ordre. Lescariatides des deux côtés de la scène sa meuvent et s'avancent. Ce sont les fées elles-mêmes qui se réjouissent de la vertu de Paul.

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