‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 152 sur 202 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

COUTURIN, JEANNE.

COUTURIN.

Voilà ! Tu en sais suffisamment pour te produire dans le monde.

JEANNE

Ehl ce n*est pâs le monde qui m'inquiète, mais lui; où est-il? Je veux le voir.

COUTURIN, lentement.

11 me serait possible de satisfaire ton désir.

JEANNE, ravie.

Oh!...

COUTURIN.

A une condition cependant.

JEANNE

Dis-la! et quelle qu'elle soit, d'avance... Réponds donc. . .

COUTURIN.

C'est que jamais tu ne te feras reconnaître, ni à lui ni à son compagnon.

Pourquoi?

COUTURIN.

Parce qu'il t'a déjà repoussée quand tu étais une paysanne : l'oublies-tu? Et surtout écoute bien, tu ne doutes pas de mon pouvoir : n'est-ce pas moi qui t'ai donné plus de robes que tu ne possédais d'épingles et plus de perles fines qu'il n'y avait de grains de son dans Tauge de tes pourceaux? Eh bien, je te jure par cette même puissance que si tu viens à lui dire ton nom, à l'instant même, et comme d'un coup de foudre, tu mourras.

JEANNE baiise la tëto, tandis quo Cou tarin l'obsenre avec anxiété; puis

lentement :

N'importe sous quel nom et sous quelle figure : pourvu qu'il m'aime, c'est tout ce que je veux! Partons-nous? •

COUTUUIN.

Oh! inutile! Le voilà qui vient pour des emplettes indispensables à son voyage !

On entend la \oix de Dominique dans la coulisse.

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