ACTE II, SCÈNE VI. G
GRUGHET.
Pourquoi?
Ni même prudent, car on dit que vous lui avez autrefois emprunté...
GRUGHET.
On le dit? £h bien...
MUREL.
Il faudrait d'abord lui rendre la somme.
GRUGHET.
Pour cela, il faudrait d'abord que vous me rendiez ce qui m'est dû, vous! Soyons justes!
MUREL.
Ah! devant les preuves de mon dévouement et à l'instant même où je vous gratifie d'un excellent conseil, voilà ce que vous imaginez! Mais, sans moi, mon bonhomme, jamais de la vie vous ne seriez élu; je m'éreinte, bien que je n'aie aucun intérêt...
GRUGHET.
Qui sait? Ou plutôt je n'y comprends goutte; tour à tour, vous me poussez, vous m'arrêtez ! Ce que je dois à Rousselin? les autres aussi feront des réclamations! On n'est pas inépuisable. Il faudrait pourtant que je rentre dans mes avances ! Et la note du café qui va être terrible, — car ces farceurs-là boivent, boivent! — Si vous croyez que je n'y pense pas! C'est un gouffre qu'une candidature! (a Hombourg, qui entre.) Hombourg ! quoi encore?
HOMBOURG
Le bourgeois est-il là ?
GRUGHET.
Je n'en sais rien !
HOMBOURG
Un mot! Je possède un petit bidet cauchois, pas cher, et qui vous serait bien utile pour vos tournées électorales?
GRUCHET.
Je les ferai à pied ; merci !
HOMBOURG
Une occasion, monsieur Gruchet !
GRUCHET.
Des occasions comme celles-là, on les retrouve!
HOMBOURG
Je ne crois pas !
GRUCHET.
Il m'est, à présent, impossible...
HOMBOURG
A votre service ! (n entre chez Rousselln.)
MUREL.
Pensez-vous que Rousselin eût fait cela? Cet homme, qui tient une auberge, va vous déchirer près de ses pratiques. Vous venez de perdre peut-être cinquante voix. Je suis fatigué de vous soutenir.
GRUCHET.
Du calme ! j'ai eu tort! Admettons que je n'aie rien