‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 53 sur 202 · ACTE H, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE IX

ROUSSELIN, accablé.

Oh! je vous crois, monsieur!

BOUVIGNY.

Ces braves gens ne savent plus que faire! Ils sont toujours à ma disposition, du reste, — m'obéissant comme un seul homme; — et si je leur disais... de voter pour. . . n'importe qui . . . pour vous, par exemple. . .

ROUSSELIN

Mon Dieu ! je ne suis pas d'une opposition tellement avancée...

BOUVIGNY.

Eh! eh! l'opposition est quelquefois utile!

ROUSSELIN

Comme instrument de guerre, soit ! Mais il ne s'ngit pas de détruire, il faut fonder!

DODART

Incontestablement, nous devons fonder !

ROUSSELIN

Aussi ai-je en horreur toutes ces utopies, ces doctrines subversives !... N'a-t-on pas l'idée de rétablir le divorce, je vous demande un peu! Et la presse, il faut le reconnaître, se permet des excès...

DODART

Affreux !

BOUVIGNY.

Nos campagnes sont infestées par un tas de livres.

Elles n'ont plus personne pour les conduire ! Ah ! il

y avait du bon dans la noblesse ; et là-dessus, je partage les idées de quelques publicistes de TÂngleterre.

BOUVIGNY.

Vos paroles me font Teffet d'une brise rafraîchissante; et si nous pouvions espérer...

ROUSSELIN

Enfin, monsieur le comte (mystérieusement), la démocratie m'effraye! Je ne sais par quel vertige, qud entraînement coupable...

BOUVIGNY.

Vous allez trop loin !...

ROUSSELIN

Non! j'étais coupable; car je suis conservateur, croyez-le, et peut-être quelques nuances seulement....

DODART

Tous les honnêtes gens sont faits pour s'entendre.

ROUSSELIN, serrant la main do Boavigny.

Bien sûr, monsieur le comte, bien sûr.

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