ACTE IV, SCÈNE IV
DODART, so frappant le front.
Quelle étourderie ! la première peut-être qui m'arrive dans la carrière du notariat !
MARCHAIS, i Rousselin.
Et il demande un mot d'écrit.
ROUSSELIN
Mais?...
DODART, à RouBsclin.
Je vais vous dire, (a Marchais.; Paticntcz quelques minutes dans la cour, n'est-ce pas? (Marchais sort.) M. de Bouvigny est donc venu, il y a trois jours, m'afflrmer encore une fois qu'il tenait à votre alliance...
ROUSSELIN
Je le sais.
DODART
Et que si vous vouliez, — dame ! on se sert des moyens que l'on a ; on utilise les armes que l'on possède ! Ce n'est peut-être pas toujours extrêmement bien... mais...
ROUSSELIN
Ah ! VOUS avez une façon de parler ! . . .
DODART
Sans l'affaire de Murel, qui est tombée dans mon étude et qui a pris tous mes instants, je serais vite accouru .
ROUSSELIN
Au fait, je vous en prie !
DODART
Si vous accordez votre fille à son fils, il est sûr,
434 LE GANDIDÂ.T.
entendez- VOUS, le comte m'a dit qu'il était sûr de vous faire élire, ne serait-ce qu'en amenant aux urnes soixante-quatre laboureurs.
ROUSSELIN
Cet envoi de Marchais est une sommation?
Absolument.
ROUSSELIN
Eh bien?... et Murel!
DODART
En- effet, vous venez de lui promettre.
ROUSSELIN
Lui ai-je promis?
DODART
Oh ! légèrement !
ROUSSELIN
Pour ainsi dire, presque pas!... Cependant... EnGu que me conseillez-vous?
DODART
C'est grave! très grave. Des liens d'amitié, des rapports d'intérêt même m'attachent à M. de Bouvigny, et je serais enchanté pour moi... D'autre part, je ne vous cache pas que M. Murel maintenant... (A part.) un contrat ! (Haut.) C'est à vous de réfléchir, de voir, de peser les considérations! D'un côté le nom, de l'autre la fortune. Certainement, Murél devient un parti. Cependant le jeune Onésime...