I.K, pli ETE, enflamme, mit la saisir
Rien désormais ne peut nous arracher l'un à l'autre. Tu m'appartiens, tu est ma fiancée; je veux fétreindre dans mes bras, te presser sur mon cœur palpitant.
IKK A.
Contiens; ah! contiens ton agitation; tant (|ue ton fiine n'est pas tout à fait purifiée, tes efTdrts resteront vains.
LE POKTE, levant les mains an cirl.
Ah! p;ranil Dieu, aie pitié de moi? jette .sur moi un regard clément! Ktre réduit à espérer toujours, toujours lutter, désirer et craindre; un pareil sort.
plein d'angoisses et de dangers, est trop cruel pour moi ! Si je dois, jusqu'au tombeau, rester privé de cet ange, oh ! laissez-moi mourir ! Dieu ! laissez-moi mourir!
Viil\ It'KSPIllTS CÉLESTES INVISIBLES.
Non, ne souhaite pas de mourir. Dieu a donné la vie terrestre à sa créature comme une épreuve. Pas de l;\che découragement, pas d'apathie inerte. Vivre et souffrir, espérer et lutter, voilà la destinée de l'homme, voilà son devoir.
Lumière mystérieuse.
IDEA, au Poète.
Victoire! victoire! sois joyeux : la lumière céleste rayonne devant tes yeux.
LE POÈTE ET IDEA, ensemble.
LE POÈTE
Dieu, dans sa bonté, m'aurait-il vraiment pardonné le crime dont je fus coupable? Ma longue soulTrance serait guérie? .Mon cœur bal d'une douce espérance. T'aimer avec mon àme et mes sens et ne jamais te quitter, et vivre en joie, la main dans la main, dans une éternelle chaîne d'amour!
IDEA
Dieu, dans sa bonté, t'a pardonné aujourd'hui le crime que tu avais commis. Ta longue soiiiïranre est guérie. Mon cœur bat d'une douce joie. Ne jamais te quitter, taimer avec mon àme et mes sens et vivre la main dans la main, dans une éternelle chaîne d'amour!
SCKNK V.
Lr.s PiiKCÉDEMS, MUNDUS, DELICIA, LES FILLES DE LA TEIlRE, entra ni.
LES KII.LES DE LA TEIIIIE.
La nuit a disparu. Après le doux repos, les Plaisirs renaissent avec plus de force. Ueprends la coupe (le volupté. Une nouvelle soif brûle sans doute dans la poitrine?
IDEA, /Orement, au Chœur.
Oui, approchez |)our assister à votre honte : mon amant triomphe.
MUNDUS
Tu te réjouis trop tôt; nous allons te montrer qui de nous l'orgueil égare ici.
LE POETK, au Chœur
Arriére! engeance perfide ! que venez-vous chercher prés de mi»i?
I/IDÉAL DU POÈTE
IDE A, au Chœur.
Téméraires! qu'espérez-vous encore !
LE POÈTE
Arrière! Dois-je maudire pour la seconde fois votre fausseté, votre perfidie ?
LES FILLES DE LA TERRE, entOUnUlt le PoètC.
Aime-nous, nous te donnerons la plus belle, la plus joyeuse vie. Nous sèmerons ta route de fleurs et nous comblerons ton cœur de voluptés.
LE POÈTE, avec mépris et colère.
Disparaissez dans la nuit qui vous a créée, engeance maudite qui ne vivez que pour le mal. Désormais mon regard reste fixé au ciel; je ne veux vivre que pour la vérité, la vertu, le devoir. Mon cœur voue un amour fidèle et constant à l'ange qui m'a aimé dans la joie comme dans la tristesse. Je me ris de votre faux éclat et je consacre mon esprit à la poésie, mon cœur à Dieu ! On entend un roulement de tonnerre.
LES FILLES DE LA TERRE, ejfrayées.
Le ciel s'émeut, les nuages s'enflamment ! Ecoutez : le tonnerre gronde.
LE POÈTE
Le sol tremble !
DELICIA
Quel danger nous menace ? J'ai peur.
LES FILLES DE LA TERRE
0 Dieu des cieux ! épargne-nous.
IDE A, solennellement.
Les desseins du Seigneur vont se révéler.
Le rideau du fond se lève. On voit le paradis des Esprits. Un autel grec est au milieu; près de Vautel, trois grands prêtres. Les Esprits sont les ombres d'Homère, de Virgile, de Dante, de Milton, de Camoèns, etc., etc.