‹ Œuvres completes de Henri Heine Poemes et legendesChapitre 24 sur 83 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Comme les épis de blé dans un champ, les pensées poussent et ondulent dans l’esprit de l’homme ; mais les douces pensées du poète sont comme des fleurs bleues et rouges qui s’épanouissent gaiement entre les épis.

Fleurs bleues et rouges ! le moissonneur bourru vous rejette comme inutiles; les rustres, armés de fléaux, vous écrasent avec dédain ; le simple promeneur même, que votre vue récrée et réjouit, secoue la tête et vous traite de mauvaises herbes. Mais la jeune villageoise, qui tresse des couronnes, vous honore et vous recueille, et vous place dans ses cheveux , et , ainsi parée , elle court au bal où résonnent fifres et violons, à moins qu elle ne. s’échappe pour chercher l’ombrage discret des tilleuls où la voix du bien-aimé résonne encore plus délicieusement que les fifres et les violons!

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