SOY.TZ TRANQUILLES
Nous dormons du sommeil de Brutus. Mais celui-ci eut son réveil, et il plongea l’acier de son poignard dans le sein de César. Les Romains étaient des tyraimopliages.
Nous, nous ne sommes pas des Romains. Nous fumons du tabac. Chaque peuple a son goût, chaque peuple a sa grandeur. C’est en Souabe qu’on fait les mei.leures andouilles.
Nous sommes de braves et honnêtes Germains. Nous dormons d’un sommeil sain et profond, et à notre réveil nous avons soif — mais non pas du sang de nos rois.
Nous sommes fidèles comme nos chênes et nos tilleuls, et nous en sommes fit rs. Dans le pays des chênes et des tilleuls il ne se trouvera jamais un Brutus.
Et si , par hasard , un Brutus naissait parmi nous , il chercherait vainement un César. Nous n’en avons pas ,
V Le Kmivemement prussien venait rie putiliep une ordonnance par laquelle loirs les Périls fulurs des auteurs de la soi-duaul jeune Allemagne étaient défendus d’avance.
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mais en revanche nous avons d’excellents bonshommes en pain d’épice.
Nous possédons trente-six rois et roitelets ( ce n’en est pas trop). Chacun porte une étoile protectrice sur son cœur, et il n'a pas à s’inquiéter des Ides de Mars.
Nous les appelons nos pères, et nous nommons patrie ce pays qui, par droit héréditaire, appartient à nos pères royaux ou sérénissimes. Nous aimons aussi la choucroute aux saucisses.
Quand un de ces pères va se promener, nous ôtons respectueusement nos chapeaux. L’Allemagne n’est pas une caverne de bandits ; nous ne sommes pas des Romains tyrannophages.
Nous engraissons nos princes, mais nous ne les mangeons pas; nous ne sommes pas des païens, nous sommes chrétiens. Nous tuons nos oies à la Saint-Martin, et nous les mangeons délicieusement farcies de châtaignes.