LA COMTESSE PALATINE
La comtesse palatine Jutta et sa servante traversaient le Rhin dans une barque légère, au clair de la lune, servante ramait, la comtesse dit : a Ne vois-tu pas ces
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sept cadavres, qui nous suivent en nageant? Comme les morts nagent tristement dans la nuit!
« C’étaient autrefois des chevaliers brillants de joie et d’amour — Ils tombèrent éperdus dans mes bras, et me jurèrent une fidélité éternelle — Pour m’assurer que jamais ils ne pourraient rompre leur serment, je les fis saisir et noyer aussitôt — Comme les morts nagent tristement dans la nuit ! »
La servante rame, la comtesse pousse un éclat de rire que l’écho des montagnes répète d’un ton ricaneur et lugubre. Les cadavres flottants sortent de l’eau jusqu’aux hanches; ils clignent de leurs yeux vitreux; ils lèvent la main, comme pour prêter serment. — Comme les morts nagent tristement dans la nuit !
UN ASRÀ.
Tous les jours, la belle et jeune fille du sultan se promenait dans le jardin de son père; tous les jours, elle allait et venait, vers l’heure du soir, près de la fontaine jaillissante, où jouent et clapotent les eaux blancâ.es.
Tous les jours, le beau et jeune esclave se tenait, vers l’heure du soir, près de la fontaine jaillissante, où jouent et clapotent les eaux blanches; de jour en jour, sa fi-
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pure blêmissait davantage; il devint pâle comme îa mort.
Un soir, la princesse alla vers lui à pas rapides, et lui dit : o Esclave, je veux savoir ton nom, ta patrie et ta tribu ! »
Et l’esclave répondit : « Je m’appelle Mohamet, je suis né dans le pays d’Yeminen en Arabie, et j’appartiens à la tribu des Asra ; ce sont ces Asra qui meurent quand ils aiment. »