CHARLES I
Au fond de la forêt, dans la hutte du charbonnier, seul et sombre est assis le roi ; il est assis près du berceau de l’enfant du charbonnier: il le berce et chante d’une voix monotone :
Eyapopeya — Qu’est-ce qui s’agite dans la paille? — Tu portes le signe sur ton front, et tu souris, en dormant, d’une manière effrayante.
Eyapopeya, le chat est mort. — Tu portes au front le signe , — tu deviendras un homme et tu brandiras la hache ; déjà les chênes tremblent dans la forêt.
La vieille foi du charbonnier n’est plus. L’enfant du charbonnier, — eyapopeya, — ne croit plus à Dieu, et au roi encore moins.
Le chat est mort, — les petites souris sont bien à leur aise. Nous deviendrons un objet de dérision, — eyapopeya, — Dieu dans le ciel, et sur la terre moi, le roi.
Mon courage s’éteint, mon cœur est malade, et chaque jour il devient plus malade encore. Eyopopeya, — toi, enfant du charbonnier, tu seras, je le sais, tu seras mon bourreau !
I. Les berceuses de mon pays chantonnent, pour endormir leurs marmots, la chanson suivante.- « Eyapopeya — Qu’est-ce qui s’agite dans la paille ? — Le chat est mort — Les petites souris sont bien à leur aise ! •
ŒUVRES DE HENRI HEINE
Mon chant de mort est ton chant de berceau. Eyapopeya, — tu me couperas d’abord mes cheveux gris. Déjà je sens le fer des ciseaux qui frémit sur mon cou !
Eyapopeya, qu’est-ce qui s'agite dans la paille? — Tu as conquis l’empire, tu me sépares la tête du tronc. — Le chat est mort.
Eyapopeya, qu’est-ce qui s’agite dans la paille? Le chat est mort, les souris sont bien à leur aise. — Dors, mon petit bourreau, dors !
V1TZLIPUTZLI.