DUCIS
11 y a trois choses doot il faut lui savoir gré : la première, c'est d'avoir bravé hautement le despotisme de Napoléon 1"; c'est d'être resté la tâte haute devant cet homme qui faisait plier toutes les têtes. La seconde, <f est d'avoiraffronté l'esprit d'impiété|de son temps.c'està-dire d'avoir e^rimé des seatimeals religieux en face du spectre encore railleur de Voltaire. La troisième, c'est de s'être moqué des préjugés classiques d'un siècle qui en était encore à l'art poétique d'Horace; c'est d'avoir cherché, sinon à faire connaître, — on ne fait pas connaître ce qu'on d^ise, — du moins à naturaliser le génie de Shakspeare chez une nation
350 LETTRES ET NOTES Dl£ VOYAGE.
qui veDait de l'entendre traiter de u sauvage ivre n par le plus grand de ses écrivains. U y a là une triple iodépendance dont je l'estime et je l'honore. Je voudrais seulement que cet homme si ûer n'eût pas accepté, sur ses vieux jours, la tyrannie d'un jupon ; qu'il ne se fût pas, le dirai-je? laissé conduire au bûton par une indigne femme qui était la sienne.
Ud de ces poètes qui, je ne sais par quelle bonne volonté de leurs contemporains, passent pour les esprits les plus faciles, les plus féconds, les plus abondants, en DD mot les plus riches du monde. Leur apparente richesse n'est que réelle pauvreté. Les ch&teaux, tes palais, les moulins qu'ils élèvent sont des moulins, des palais, des châteaux de papier mâché. S'ils ont des jardins, et celui-là en avait, ils sont plantés de fleurs artificielles. Les pièces d'or qu'ils répandent à flots dans la circulation sont toutes, absolument toutes, des pièces fausses. On devrait les pendre comme faux moDnO)-eurs. On les vante, on les loue, on tes porte an
Capitole, et si, par hasard, ils vieQDent à mourir, on leur fait des funérailles comme à des demi-dieux. Témoin ce bon u abbé Delille », ainsi qu'on l'appelait de son temps.
Le seul vrai poêta du zvm* siècle. Que dites-vous d'uD siècle qui n'en a qu'un et qui le laisse mourir de faim?