‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 71 sur 99 · LE BAPTÊHR DU BOURDON · texte numérisé non relu

LE BAPTÊHR DU BOURDON

Mais la foule, à tes pieds, se recueille en silence. Le formidable airain s'agite , il se balance, Il jette un premier son musical et vibrant ; Puis, vase qui répand son eau quand on l'incline. Le bourdon qui se penche inonde la colline De son mélodieux torrent.

Chante, vaste bourdon I chante, cloche bénie I Répands, répands à flots ta puissante harmonie. Verse-la sur la mer et les champs et les monts ; Et surtout, dès cette heure où ton hymne commence. Entonne dans les cieux un chant de joie immense Pour la cité que nous aimons !

Garde-la des fléaux et de toute discorde.

Que jamais une main ne s'attache à ta corde Pour lancer dans les airs les clameurs du tocsin. Que ta haute musique, à jamais bienvenue.

Gomme un verbe de Dieu descende de la nue Et réjouisse notre sein.

Sois pour nous le signal d'une fête éternelle ;

Et, dans les temps futurs, quand le vent, de son aile.

Aura rongé la date inscrite à tes parois.

Parle encor de concorde et de vertu civile A tous ceux de nos ûls qui, dans la grande ville, Recueilleront ta grande voix!

Octobre 1845.

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