‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 136 sur 266 · SCÈNE VI. — ARNOLPHE, HORACE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — ARNOLPHE, HORACE

HORACE

Ah ! je viens vous trouver, accablé de douleur : Le ciel, seigneur Arnolphe, a conclu mon malheur ; Et, par un trait fatal d'une injustice extrême. On me veut arracher de la beauté que j'aime. Pour arriver ici mon père a pris le frais 2 ;

' Pour ; foml rt'iiu couveiil.

2 Pour : a profité de la fralch'^ur de la nuil. Vers ob; eue, e^prcsiii Impropre.

ISi L'ÉCOLE DES FEMMES

J'ai trouvé qu'il mettoit pied à terre ici près : Et la cause, en un mot, d'une telle venue, Qui, somme je disois, ne m'étoit pas connue, Ces., qu'il m'a marié sans m'en écrire rien, Et qu'il vient en ces lieux célébrer ce lien. Jugez, en prenant part à mon inquiétude, S'il pouvait m'arriver un contre-temps plus rude. Cet Enrique, dont hier je m'informois à vous, Cause tout le malheur dont je ressens les coups: Il vient avec mon père achever ma ruine, Et c'est sa fille unique à qui l'on me destine. J'ai dès leurs premiers mots pensé m'évanouir; Et d'abord, sans vouloir plus longtemps les ouir, Mon père ayant parlé de vous rendre visite, L'esprit plein de frayeur je l'ai devancé vite. De grâce, gardez-vous de lui rien découvrir De mon engagement, qui le pourrait aigrir ; Et tâchez, comme en vous il prend grande créance. De le dissuader de cet autre alliance.

AENOLPHE.

Oui-da.

HORACE

Conseillez-lui de différer un peu, Et rendez, en ami, ce service à mon feu.

ARNOLPHE

Je n'y manquerai pas.

HORACE

C'est en vous que j'espère.

ARNOLPHE

Fort bien.

HORACE

Et je vous tiens mon véritable père.

Dites-lui que mon âge... Ah! je le vois venir ! Écoutez les raisons que je vous puis iournir.

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