GERONIMO
Je vous suis obligé de m'avoir choisi pour cela. Vous n'avez qu'à me dire ce que c'est.
SGANARELLE
Mais, auparavant, je vous conjure de ne me point flatter du tout, et de me dire nettement votre pensée.
GÉRONIMO.
Je le ferai, puisque vous le voulez.
SGANARELLE
Je ne vois rien de plus condamnable qu'un ami qui ne nous parle pas franchement.
GÉRONIMO.
Vous avez i-aison.
SGANARELLE
Et, dans ce siècle, on trouve peu d'amis sincères.
GÉRONIMO.
Cela est vrai.
SGANARELLE
Promettez-moi donc, seigneur Géronimo, Ue me parler avec toute sorle de franchise.
GÉRONIMO.
Je VOUS le promets.
SGANARELLE
Jurez-en volie foi.
GÉRONIMO.
Oui, foi d'ami. Dites-moi seulement votre affaire.
SGANARELLE
C'est que jf \ eux savoir de vous si je ferai bien de me marier.
GÉRONIMO.
Qui? vous!
SGANARELLE
Oui, moi-même, en propre personne. Quel est votre avis la-dessus?
I^our : le chapeau sur votre lÊtc. Ellipse archaïque et bourgeoise* II- iS
GÉUONIMO.
J^ VOUS prie auparavant de me dire une cllOi^
SGANARELLË.
Et quoi?
GÉRONIMO.
Quel âge pouvez-vous bien avoir maintenant t
SGÂNARELLE.
Moi?
GÉRONIMO.
Oui.
SGAiNARELLE.
Ma foi, je ne sais ; mais je me porte bien.
GÉRONIMO,
Quoi ! vous ne savez pas à peu près votre âge ?
SGANARELLE
Non : est-ce qu'on songe à cela?
GÉROMMO.
Eh ! dites-moi un peu, s'il vous plaît : combien dVkdZ- VOUS d'années lorsque nous fîmes connoissauce ?
SGANARELLE
Ma foi, je n'avois que vingt ans alors.
GÉRONIMO.
Combien fûmes-nous ensemble à Rome I
SGANARELLE
Huit ans.
GÉRONIMO.
Quel temps avez-vous demeuré en Angleterre t
SGANARELLE
Sept ans.
GÉRONIMO.
Et en Hollande, où vous fûtes ensuite?
SGANARELLE
Cinq ans et demi.
GÉRONIMO.
Cooibien y a-t-il que vous êtes revenu icil
SGANARELLE
ie revins en cinquante-six.
GÉRONIMO.
De ciuquanle-èix à soixiuUy-Luit, il y a dou^ ans, c» m»