SCÈNE II. — LA PRINCESSE, AGLANTE, MORON
Princesse, j'ai à vous prier d'une chose qu'il faut absolument que vous m'accordiez. Le prince d'itaque vous aime et veut vous demander au prince mon père.
AGLANTE
Le prince d'itaque, madame?
LA PlUNCESSE.
Oui. Il vient de m'en assurer lui-même, et m'a demandé mon suffrage pour vous obtenir; mais je vous conjure de rejeter cette proposition et de ne point prêter l'oreille à tout ce qu'il pourra vous dire.
AGLANTE
Mais, madame, s'il étoit vrai que ce prince m'aimât effectivement, pourquoi, n'ayant aucun dessein de vous engager, ne vûudriez-vous pas souffrir?...
Non, Aglante. Je vous le demande. Faites-moi ce plaisir, je vous prie, et trouvez bon que, n'ayant pu avoir l'avantage de le soumettre, je lui dérobe la joie de vous obtenir.
AGLANTE
Madame, il faut vous obéir ; mais je croirois que la conquête d'un tel cœur ne seroit pas une victoire à dédaigner,
Kon, non, il n'aura pas la joie de me braver entièrement.