SCÈNE VIII.— ORPHISE, ÉRASTE, LA MONTAGNE
OnPHISE.
Votre front à mes yeux montre peu d'allégresse; Seroit-ce ma présence, Éraste, qui vous blesse? Qu'est-ce donc? qu'avez-vous ? et sur quels déplaisirs, Lorsque vous me voyez, poussez-vous des soupirs?
ÉBASTE.
Hélas! pouvez-vous bien me demander, cruelle, Ce qui fait de mon cœur la tristesse mortelle? Et d'un esprit méchant n'est-ce pas un eiïet, Que feindre d'ignorer ce que vous m'avez fait? Celui dont l'entretien vous a fait à ma vue Passer...
ORPHISE, riant.
C'est de cela que votre âme est émue?
ÉRASTE
Insultez, inhumaine, encore à mon malheur! Allez, il vous sied mal de railler ma douleur, Et d'abuser, ingrate, à maltraiter l ma flamme. Du foible que pour vous vous savez qu'a mon âme.
ORPHISE
Certes, il en faut rire, et confesser ici
Que vous êtes bien fou de vous troubler ainsi.
L'homme dont vous parlez, loin qu'il puisse me plaire,
Est un homme fâcheux dont j'ai su me défaire;
Un de ces importuns et sots ofTicieux
Qui ne sauroient souffrir qu'on soit seule en des lieux.
Et viennent aussitôt, avec un doux langage.
Vous donner une main contre qui l'on enrage.
J'ai feint de m'en aller, pour cacher mon dessein;
Et jusqu'à mon carrosse il m'a prôlé la main.
Je m'en suis prompicment défaite de la sorte;
Et j'ai 2. pour vous trouver, rentré par l'autre porte.
' Au lieu (le : pour malli-iili-r. Licence conlcslal)lc.
' Puur : je suis rcutréu. Licence qui serait aujourd'hui uuc fuutu griif«L