‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 70 sur 266 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

SefHF ', — ÉRASTE, LA MONTAGNE.

ÉRASTE

Il est vrai, d'un côté mes soins ont réussi.

Cet adorable objet enfin s'est adouci;

Mais d'un autre on m'accable, et les astres sévères

Ont contre mon amour redoublé leurs colères.

Oui, Darais, son tuteur, mon plus rude fâcheux,

Tout de nouveau s'oppose au plus doux de mes vœux,

A son aimable nièce a défendu ma vue,

El veut d un autre époux la voir demain pourvue.

0^phi^e toutefois, malgré son désaveu,

Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu;

Et fai fait consentir l'esprit de cette belle

A souffrir qu'en secret je la visse chez elle.

L'amour aime surtout les secrètes faveurs.

Dans l'obstacle qu'on force il trouve des douceurs.

Et le moindre entretien de la beauté qu'on aime,

Lorsqu'il est défendu, devit^nt grâce suprême.

Je vais au rendez-vous; c'en est l'heure à peu prè.-.

Puis je veux m'y trouver plutôt avant qu'après.

LA MONTAGNE

Suivrai-je vos pas?

ÉRASTE

Non. Je craindrois que peut-être A quelques yeux suspects tu me fisses connoitre.

LA MONTAGNE

Mais...

ÉRASTE

Je ne le veux pas.

LA MONTAGNE

Je dois suivre vos lois ; Mais au moins, si de loin...

Te tairas-tu, vingt fois!

Et ne veux-tu jamais quitter celte méthode, De te rendre à toute heure un valet incommode?

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