‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 92 sur 266 · SCÈNE VI. — HORACE, ARNOLPHE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — HORACE, ARNOLPHE

ARNOLPHE

Que vois-je? Est-ce?... Oui, Je me trompe. Nenni. Si fait. Non, c'est lui-même, llor...

HORACE

Seigneur Ar...

ARNOLPHE

Arnolphe.

ARNOLPHE

Ah l joie extrême.

Et depuis quand ici?

HORACE

Depuis neuf jours.

ARNOLPHE

Vraiment?

HORACE

Je fus d'abord chez vous, mais inutilement.

ARNOLPHE

i'étois à la campagne.

ACTK 1, SCÈNE VI i-i7

HORACE

Oui, depuis dix journées.

ARNOLPHE

Ohl comme les enfants croissent en peu d'années. J'admire * de le voir au point où le voilà, Après que je l'ai vu pas plus grand que cela.

HORACE

Vous voyez.

Mais, de grâce, Oronte, votre père, Mon bon et cher ami que j'estime et révère. Que fait-il? que dit-il? Est-il toujours gaillard? A tout ce qui le touche il sait que je prends part : Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensembio Ni, qui plus est, écrit l'un à l'autre me semble.

HORACE

Il est, seigneur Arnolphe, encor plus gai que nous, Et j'avois de sa part une lettre pour vous : Mais depuis, par une autre, il m'apprend sa venue, Et la raison encor ne m'en est pas connue. Savez-voufe qui peut être un de vos citoyens 2, Qui retourne en ces lieux avec beaucoup de biens Qu'il s'est en quatorze ans acquis dans l'Amérique?

ARNOLPHE

Non. Vous a-t-on point dit comme on le nomme?

HORACE

Enrique.

ARNOLPHB.

Non.

HORACE

Mon père m'en parle, et qu'il içt revenu. Comme s'il devait m'être entièrement connu. Et m'écrit qu'en chemin ensemble ils se vont mettre Pour un fait important que ne dit point sa lettre. Eorace remet la lettre d'Oronte k Arnolphe.

• Poui- : je Di'éuierveille de. Archaïsme iiuisité aujourd'bid.

• Pour : concitoyens. Cl'osl le civia lalin.

J'aurai ( erlumement grande joie à le voir, Et pour le régaler je ferai mon pouvoir.

Après avoir lu la lettre.

Il faut pour des amis des lettres moins civiles, Et tous ces complimens sont choses inutiles. Sans qu'il prît le souci de m'en écrire rien, Vqus pouvez librement disposer de mon bien.

HORACE

Je suis homme à saisir les gens par leurs paroles. Et j'ai présentement besoin de cent pistoles.

ARNOLPHE

Ma foi, c'est m'obliger que d'en user ainsi, Et je me rejouis de les avoir ici.

Gardez aussi la bourse.

HORACE

Il faut...

ARNOLPHE

Laissons ce slylfp, Eh bien, comment encor trouvez-vous cette villo?

HORACE

Nombreuse en citoyens, superbe en bâtimens ; Et j'en crois merveilleux les divertissemens.

ARNOLPHE

Chacun a ses plaisirs, qu'il se fait à sa guise; Mais, pour ceux que du nom de galans on baptise, Ils ont en ce pays de quoi se contenter, Car les femmes y sont faites à coqueler : On trou\«> d'humeur douce et la brune et la blonde, Et les maris aussi les plus bénins du monde , C'est un plaisir de prince : et dos tours que je voi Je me donne souvent la comédie à moi. Peut-être en avez-vous déjà féru * quelqu'une. Vous est-il point encore arrivé de fortune? Les gens faits comme vous font plus que les écus. Et vous ôles de taille à faire dos cocus.

> Pour •. irapi>(?. Du laiiti fcrire.

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