Fénelon, reçu le 31 mars 1G9J
courirîqu'onnelescherchepas ailleurs, ilssont parmi vous ^ Admire-t-on une vaste et profonde littérature qui aille fouiller dans les archives de l'antiquité pour en retirer des choses ensevelies dans l'oubli, échappées aux esprits les plus curieux, ignorées des autres hommes ; une mémoire, une méthode, une précision à ne pouvoir, dans ces recherches, s'égarer d'une seule année, quelquefois d'un seul jour sur tant de siècles? cette doctrine admirable, vous la possédez ; elle est du moins en quelques-uns de ceux qui forment cette savante assemblée^ Si l'on est curieux du don des langues, joint au double talent de savoir avec exactitude les choses anciennes, et de narrer celles qui sont nouvelles avec autant de simplicité que de vérité, des qualités si rares ne vous manquent pas et sont réunies en un même sujets Si l'on cherche des hommes habiles, pleins d'esprit et d'expérience, qui, par le privilège de leurs emplois, fassent parler le Prince avec dignité et avec justesse* ; d'autres qui placent heureusement et avec succès, dans les négociations les plus déUcates, les talents qu'ils ont de bien parler et de bien écrire^; d'autres encore qui prêtent leurs soins et leur vigilance aux affaires publiques, après les avoir employés aux judiciaires,
1. Bossuet, Fénelon, Fléchier; l'archevêque de Paris, François de Harlay, était libre de croire que le compliment s'adressait aussi à lui.
2. Par exemple, Daniel Huet, évoque d'Avranches (1630-1721), un des écrivains les plus érudits du wii*" siècle, sous-précepteur du Dauphin; qui dirigea la publication des classiques latins ad usum Delphini, et donna, entre autres savants ouvrages, une édition d'Origène et une Démonstration évangélique.
3. Eusèbc Renaudot (1C46-1720), qui rédigeait la Gazette de France, était versé dans l'arabe, le syriaque et le copte, et préparait divers ouvrages sur les origines de l'histoire ecclésiastique.
4. Toussaint Rose, secrétaire du cabinet du Roi, tout à fait digne de cette place, du jugement même de Saint-Simon (Mémoires, t. III, p. 58-63).
5. Le cardinal d'Estrées, le comte de Crépy, François de Callières.
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toujours avec une égale réputation ^ : tous se trouvent au milieu de vous, et je souffre à ne les pas nommer.
Si vous aimez le savoir joint à l'éloquence, vous n'attendrez pas longtemps : réservez seulement toute votre •attention pour celui qui parlera après moi-. Que vous manque-t-il enfin? vous avez des écrivains habiles en l'une et en l'autre oraison; des poètes en tout genre de poésies, ^oit morales, soit chrétiennes, soit héroïques, soit galantes ^t enjouées^; des imitateurs des anciens^; des critiques austères ^ ; des esprits fins, délicats, subtils, ingénieux, propres à briller dans les conversations et dans les cercles. Encore une fois, à quels hommes, à quels grands sujets m'associez-vous I
Mais avec qui daignez-vous aujourd'hui me recevoir''? Après qui vous fais-je ce public remerciement? 11 ne doit pas néanmoins, cet homme si louable et si modeste, appréhender que je le loue : si proche de moi^, il auroit autant de facilité que de disposition à m'interrompre. Je vous demanderai plus volontiers : A qui me faites-vous succéder? A un homme qui avoit de la vertu ^
1. Bergeret, ancien avocat général à Metz, alors secrétaire du cabinet du Roi et premier commis de Colbert de Croissy.
2. François Charpentier ( IG20-1702), qui était de l'Académie française •et de l'Académie des inscriptions, et qui a donné une Vie de Socrate (IGoO), une traduction de la Cyropédie de Xénoplion (t6o9j, etc.
3. Thomas Corneille, Segrais, Régnier Desmarais, Boyer, Ch. Perrault, Testu de Mauroy, Fontenclle, Pavillon.