Voyez l'abbé d'Olivet, Histoire de l'Académie
puits de science et de doctrine, avec de la droiture et de la vérité, et des mœurs *. » (Ajoutons que Tabbé Legendre qui ne Taimait pas, et qui le traite assez mal dans ses Mémoires, ne s'est pas avisé de l'accuser de fraude littéraire.
L'avocat Brillon, l'auteur du Tliéophrasle tnoderne, déclare ces dialogues apocryphes ; « Je ne sais point, dit-il ^ par où l'on prouveroit que cet ouvrage est de lui... Gomment permet-on que les grands noms servent à couvrir le foible de tant d'ouvrages médiocres? » A cette négation sans preuve, il est permis d'opposer le silence de tous les contemporains, des amis et des parents de l'auteur, et particulièrement de Tabbc de La Bruyère, qui protesta contre la Suite des Caractères faussement attribuée à son frère défunt, mais non contre les Dialogues sur le quiétisme. Brillon paraît du reste un écrivain d'une sincérité fort suspecte 3.
Ce qui semble plus probable, c'est que l'abbé du Pin a pris avec ces Dialogues bien des libertés : comme les amis de Pascal qui ont publié la première édition des Pensées, il ne s'est pas sans doute fait faute d'altérer le texte de son auteur.
Même dans les sept Dialogues qui sont présentés comme étant de l'auteur des Caractères, il faut faire la part de La Bruyère et celle de l'abbé du Pin : car il nous semble au moins aussi difficile d'en attribuer les agréments à ce dernier que les faiblesses à La Bruyère.
Cette part ne peut être faite que par conjecture ; c'est un soin que nous laissons au lecteur. Nous avons seulement dégagé l'ouvrage de La Bruyère de tout ce qui lui est manifestement étranger, d'abord du VIII^ et du IX* Dialogue, ainsi que de la Préface dont l'abbé du Pin se reconnaît l'auteur, puis de ses annotations qui consistent en extraits d'un grand nombre d'ouvrages sur le quiétisme, et servent de pièces justificatives au texte. Il est possible que toutes ces citations aient été faites, comme le dit l'éditeur, conformément au désir de La Bruyère; mais elles sont aujourd'hui sans utilité comme sans intérêt. Qui donc, même parmi les théologiens, s'occupe encore du quiétisme?