‹ Œuvres complètes de J. de La BruyèreChapitre 134 sur 155 · LA BRUYÈRE A BUSSY · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE A BUSSY

Paris, 9 décembre 1691.

Si VOUS ne vous cachiez pas de vos bienfaits, monsieur, vous auriez eu plus tôt mon remerciement. Je vous le dis sans compliment, la manière dont vous venez de m'obliger m'engage toute ma vie à la plus vive reconnoissance dont je puisse être capable. Vous aurez bien de la peine à me fermer la bouche : je ne puis me taire sur cette circonstance qui me dédommage de n'avoir pas été reçu dans un corps à qui vous faites tant d'honneur-. Les Altesses à qui je suis seront informées de tout ce que vous avez fait pour moi, monsieur. Les sept voix qui ont été pour moi, je ne les ai pas mendiées, elles sont gratuites; mais il y a quelque chose à la vôtre qui me flatte plus sensiblement que les autres. Je vous envoie, monsieur, un

1. Lettre publiée, ainsi que la suivante, dans les diverses éditions delà Correspondance de Bussy-Rabutin, notamment dans celle qu'a donnée M. Lud. Lalanne (t. VI, p. 515 et suiv.).

2. L'Académie française. — Bussy avait donné sa voix à La Bruyère, quand il s'était présente pour la première fois, en octobre 1G91, pour le fauteuil de Benserade. ( Voyez la Vie de La Bruyère, 1. 1, p. xviii.)

de mes livres des Caractères^ fort augmenté*, et je suis avec toutes sortes de respects et de gratitude, etc.

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