‹ Œuvres complètes de J. de La BruyèreChapitre 59 sur 155 · G'est-à-dii'c les coussins ou tapis · texte numérisé non relu

G'est-à-dii'c les coussins ou tapis

DE TIIÉOPHRASTE. 187

[lïl]. ni: l/lMPi:UTINENT ou DU DISEUR DE rien'.

La sotte envie de discourir vient d'une habitude qu'on a contractée de parler beaucoup et sans réllexion. Un homme qui veut parler, se trouvant assis proche d'une personne qu'il n'a jamais vue et qu'il ne connolt point, entre d'abord en matière, l'entretient de sa fenmie et lui fait son éloge, lui conte son songe, lui fait un long détail d'un repas où il s'est trouvé, sans oublier le moindre mets ni un seul service. Il s'échauiïe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent , et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé-, sur le grand nombre d'étrangers qui sont dans la ville; il dit qu'au printemps, où commencent les Bacchanales % la mer devient navigable'^; qu'un peu de pluie seroit utile aux biens de la terre, et feroit espérer une bonne récolte ; qu'il cultivera son champ l'année prochaine, et qu'il le mettra en valeur^; que le siècle est dur^ et qu'on a bien de la peine à vivre. Il apprend ii cet inconnu que c'est Damippe qui a fait brûler la plus belle torche devant l'autel de Gérés à la fête

i. Le texte dit : Du babil (ou du bavardage). A partir do ce chapitre, La Bruyère substitue en général le nom du vicieux à celui du vice, qui est dans le texte, et souvent il traduit en note. (Vo.vez cliap. v et suivants.

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