SCENE IL a
CLAUDINE
Il y a sans cesse à refaire autour d'elle : tantôt c est du blanc ; tantôt c'est du rouge ; tantôt c'est un gros bourgeon qu'il faut raboter ; et que sais-je ? cent mille brimborions. Tant y a qu'il y a toujours quelque chose à calfeutrer sur son visage.
LE BARON
Tu as un peu de peine, Claudine; mais aussi tu gagnes bien de l'argent , et je m'assure que tu te fais un beau magot.
CLAUDINE
Il est vrai; voilà un gros venez-y-voir ! Depuis dix-huit mois avoir amassé quinze écus ; voilà-t-il pas un gros butin ? et si, là -dessus il me faudra un habit à Pâques.
LE BARON
Tu ferois bien mieux d'acheter un bon mari de cet argent-là; cela est bien meilleur pour une fille.
CLAUDINE
Çamon ! voilà encore un plaisant fretin que des hommes ! Les rues en seroient pavées , que je ne voudrois pas en ramasser un ; et puis , en cas de mari, comme vous savez, pour quinze écus on ne peut pas avoir grand'choscM.. A la fin, voilà notre diable de Comtesse.
a44 LA CRITIQUE, etc.